Bon, ce livre est un appendice à la série de documentaires Apocalypse (que je n'ai toujours pas vu), et revient sur la manière dont s'est développée l'Eglise dans les premiers siècles suivant la mort du Christ.
Le plan n'est pas strictement chronologique, mais aborde une série de questions qui se sont posées au christianisme des débuts . Si vous avez lu Quand notre monde est devenu chrétien, de Paul Veyne, vous serez en terrain connu (le livre en cite d'ailleurs des passages-clé). On revisite des textes connus pour ceux qui se sont penchés sur ces questions. C'est une bonne piqûre de rappel. Il faudra que je me penche sur les réponses que lui a adressées Jean-Marie Salamito (pour qui j'ai du respect, mais dont les positions traditionnalistes me poussent à considérer d'avance ses objections avec prudence).
Les auteurs savent garder de la prudence, mettre les textes qu'ils citent en contexte, et essayer d'en inférer des conclusions. Globalement je trouve le livre prudent, presque trop.
Bon, qu'apprend-on ? D'abord que le message originel du Christ s'adresse aux Juifs. Il s'agit de délivrer leur Terre des envahisseurs romains, mais sans user des armes. Il prône une attente eschatologique de la fin des temps qui est forcément proche et concrète.
C'est dans un deuxième temps que ce message sera élargi par Paul aux gentils (= non-Juifs), jusqu'à ce que cette nouvelle vocation, universelle, de l'Eglise, devienne majoritaire et pourchasse les autres.
C'est le coeur de l'originalité du livre. Le reste, concernant les différentes hérésies, les étapes de la progression du christianisme jusqu'à son autorisation (sous Constantin Ier), puis son passage à une religion officielle, à son tour persécutrice, relève du plus connu et compte moins de surprise (même si c'est toujours un sujet intéressant).
Un livre généraliste, mais pas pour autant simplificateur, qui pose les bonnes questions et se montre au fonds mesuré dans ses réponses. Mais quand on compare à Paul Veyne, c'est bien sage. Il n'y a pas d'intuitions vertigineuses. Un peu besogneux, quoi. Mais salutaire.