Coelho, comparé autant à Lévy qu'à Saint-Exupéry, ne pourrait-il être aucun des deux ? Si "L'alchimiste" n'a effectivement pas la portée métaphorique et poétique d'un "Petit Prince", s'il ne provoque pas la même exaltation que l'emphatique "Terre des Hommes" et son désert sanctifié, il apporte tout de même un vent de fraîcheur, un regard tendre et passionné sur la condition humaine. Ce n'est certainement pas un livre qui bouleverse le regard sur le monde tant il enfonce -et c'est peu de le dire- des portes ouvertes, avec une naïveté parfois déconcertante (cf la formulation "légende personnelle" d'une solennité infantile). Mais peut-être n'est-il pas à lire comme tel. En passant outre la connotation "New Age" de l'oeuvre, l'effet de mode assez indigeste et en appréhendant le livre comme ce qu'il semble vouloir être : un conte, on découvre une histoire d'une poésie certaine, au message éculé mais tout de même puissant. C'est le livre d'un voyage, un récit initiatique qui ne restera surement pas dans la mémoire, ni même n'apporte réellement quelque-chose de nouveau, mais il suffit parfois de refermer un livre avec la sensation de rentrer d'un long voyage pour que, ne serait-ce qu'imperceptiblement, le poil s'hérisse et qu'un frisson s'étende le long de la nuque.
Et c'est après tout là que réside l'essentiel.