La tolérance ne fait pas tout.
L'oracle della luna est un livre à l'image de son très médiatique auteur : hétéroclite, enthousiaste et ouvert à toutes formes de connaissances, historiques, philosophiques, scientifiques, métaphysiques, religieuses...dommage que tout cela se fasse au détriment de l'intrigue, très décousue, et de la vraisemblance historique.
Giovanni semble suivre un chemin initiatique, à travers la religion, la philosophie, l'astrologie, la kabbale...mais on ne sait pas où mène ce chemin. L'ouverture intellectuelle de Frédéric Lenoir n'est ici qu'un boulet : à mettre sur le même plan religieux et profane, son héros ne fait que vagabonder sur les chemins de la connaissance, piochant ici et là ce qui lui plaît, à savoir la tolérance et le respect du prochain. Au-delà de la pauvreté spirituelle d'une telle quête, cette façon de penser empêche Giovanni de construire quoi que ce soit de solide dans sa vie, chutant dans un pseudo-relativisme passablement écœurant. C'est un comble quand la religion est le thème principal de ce roman !
Les péripéties ne sont ici que prétexte à faire découvrir à Giovanni de nouveaux horizons et donc de nouvelles façons de voir le monde. Le style est trop banal pour que l'on y accorde une véritable importance. L'histoire d'amour est mal pensée et pas crédible pour deux sous. Quand au premier chapitre on se rend compte que l'on a rencontré la femme de sa vie, ce n'est pas pour finir dans les bras d'une, deux, trois autres...
Enthousiaste mais naïf, appliquant des concepts contemporains de respect de la pensée de l'autre à une époque où les tensions religieuses atteignent des sommets, l'oracle della luna est, au final, une oeuvre sympathique mais oubliable.