La fille du diable, Jenni Fagan, Métailié (traduit par Céline Schwaller)
Un immeuble à Édimbourg, propriété de M. Udnam, homme politique véreux. Pendant presqu’un siècle, vivent là plusieurs personnes qui se croisent, se succèdent. Jessie McRae y arrive en 1910 par un moyen de locomotion pas banal, Jessie est la fille du diable qui marquera de sa personnalité tout l’immeuble.
Jenni Fagan écrit un roman fort et original qui puise dans beaucoup de styles et qui fait défiler les personnages. Un peu comme si ce roman était un enchevêtrement de courts romans qui auraient en commun le lieu, son propriétaire et Jessie McRae, la fameuse fille du diable.
On fait la connaissance d’une ourse polaire, une médium, des travestis, une jeune femme qui veut s’engager pendant la seconde guerre mondiale, beaucoup de femmes indépendantes, fortes dans des périodes où il est encore moins aisé que maintenant de l’être, les hommes sont assez piteux pour ne pas dire néfastes.
Le lien avec La vie mode d’emploi de Perec est évident, mais Jenni Fagan écrit une vie mode d’emploi revisitée, plus féminine, plus rock, plus débridée. Un peu long parfois -ce que je n’ai pas ressenti dans le livre de Perec-, mais vraiment bien, on peut, en passant d’un personnage à un autre, d’une époque à une autre, changer de style d’écriture, de genre… Surprenant et fascinant.