Un journaliste littéraire a l’idée de faire un reportage sur un immense écrivain qu’il vénère entre tous. Ecrivain à l’œuvre géniale mais vivant reclus suite à une grave maladie.
Le journaliste débusque la célébrité, se fait accepter et écrit son papier élogieux qui passe presque inaperçu. Petit à petit, il devient pour l’écrivain une sorte de secrétaire particulier, veillant à son bien-être, à sa santé, filtrant les admirateurs cherchant à le rencontrer afin qu’il puisse se reposer et travailler.
Quand débarque un second journaliste. De cette toute nouvelle presse « people » qui gagne chaque jour plus de lecteurs – et de lectrices. L’homme ne s’intéresse que pour la forme au dernier livre que l’écrivain vient d’achever. Ce qu’il veut voir, c’est la pièce où il travaille, le meuble sur lequel il écrit, le nombre et le contenu des tiroirs… L’atmosphère. Le superficiel et non l’essentiel. Le cadre et les à-côtés plutôt que l’âme.
Ce second article, lui, fait le tour du monde. L’écrivain est rapidement harcelé par tout ce que l’Angleterre compte de princesses, de comtesses et autres riches bourgeoises soucieuses d’attirer des convives de marques à leurs dîners mondains. Peu importe son nom ou son œuvre. Seule sa renommée, son aura du moment compte.
Le célèbre écrivain est le lion, le roi des animaux. Il est courtisé, au grand dam du journaliste littéraire qui voit son idole s’affaiblir davantage à chaque instant. Henry James, avec cette nouvelle, critique une nouvelle fois la presse à scandale, la presse people que sa génération a vu naître. Presse qu’il avait déjà écorchée dans « Reverberator » écrit en 1887 et qu’il égratignera encore en 1903 dans « Les Journaux ».