Un joli roman sur l'amour filial, les relations familiales, le personnage publique et le privé...
Albert Einstein, je connais vaguement. Comme tout le monde... E=MC²... Mes connaissances en Einstein sont à vrai dire assez limitées. Comprenez ici que je ne suis pas une acharnée d'Einstein ou une fan devant l'absolu. C'est donc sans réelles attentes que j'ai commencé à lire ce roman de Laurent Seksik et, il faut bien l'avouer, j'en suis ressortie plus intelligente! Si si!
Dans "Le Cas Eduard Einstein", il n'est pas question des travaux du génie que l'on connait tous. Ne partez pas en courant, l'auteur ne fait pas mention de ses études et ce ne sont pas des pages de formules qui vous attendent ici. Il est bien entendu question de l'homme de sciences mais dans sa vie privée, la partie immergée de l'iceberg, et plus précisément de son premier mariage et de son fils Eduard.
Eduard, enfant brillant, promis à une carrière dans la médecine et ayant du reste effectué sa première année, va à l'âge de 19 ans littéralement "péter un câble". Elevé avec son frère par leur mère après la séparation de leurs parents, il est de plus en plus ingérable. Il se montre odieux, se présente nu devant des invités à la maison, part dans des délires paranoïaques et croit qu'il peut se transformer en loup... Avouez qu'en tant que progéniture d'un homme à fort QI on ne s'attendait pas à cela...
Albert Eintein est très mal à l'aise avec les problèmes de son fils. Il connait bien quelques spécialistes mais il est très vite démuni et préfère prendre la fuite. La période post Seconde Guerre mondiale en Allemagne n'aide pas vraiment les choses non plus et Einstein part vivre aux Etats-Unis laissant ex-femme et enfants (devenus grands) en Suisse. A bout de bras, Mileva va tenir son fils et prendre toutes les décisions le concernant.
C'est un roman passionnant que "Le Cas Eduard Einstein". On y cotoie des grands noms de la psychiatrie et de la recherche, on entre dans la vie privée d'un des plus grands noms de l'histoire des sciences et on s'émeut de la vie d'Eduard, dans un autre monde. Internement en hôpital psychiatrique, électrochocs... Autre époque, autres moeurs, autres remèdes...
J'ai vraiment aimé cette lecture. Le temps des presque 300 pages que compte "Le Cas Eduard Einstein", j'ai pris la mesure de ce que la notoriété peut faire de bien mais aussi de destructeur. J'ai été émue par Mileva, courageuse et protectrice, attendrie par Eduard, touchant dans ses réactions et questionnements. Quant à Albert, il m'a à la fois désapointée dans son rôle de père et impressionnée par son engagement politique et moral pour le respect des Droits de l'Homme. Une oeuvre à lire.