Ce point de vue est le troisième volet d’un triptyque composé, outre de ce dernier opus, de « la pension Beaurepas » et de « une liasse de lettres » dont il reprend le style épistolaire.
Le lecteur retrouve à bord d’un transatlantique à destination de New York quelques-uns des personnages déjà croisés dans les deux premières parties. Dans les quelques dizaines de livres que j’ai déjà lu de Henry James, cette récurrence dans les personnages est inédite. C’est donc avec surprise que je croise de nouveau la route de Miss Church qui, élevée sur le sol européen, désespérait de fouler un jour le sol de son pays natal, ou celle de Louis Leverett dont le lecteur avait fait la connaissance dans la petite pension parisienne de Madame de Maisonrouge.
Qu’ils soient européens ou américains éloignés depuis longtemps de leur pays, chaque protagoniste va, dans une lettre adressée à un tiers, porter un regard sur le Nouveau Monde. Et comparer celui-ci aux rivages qu’ils viennent de quitter.
Si la plupart regrettent l’Europe, sa société hiérarchisée, protectrice et séculaire, et se montrent désorientés voire apeurés par le gigantisme et le libéralisme américains, Marcellus Cockerel – un avocat californien – se permet, dans une lettre à sa sœur, un pamphlet particulièrement virulent à l’égard de l’archaïsme révoltant du Vieux Continent. Un texte violent, cuisant, parfois caustique, parfois teinté d’une amertume dans laquelle le lecteur discerne la haine de l’homme pour une Europe étriquée et dépassée. Une lettre qui a sans doute dû quelques critiques à son auteur habituellement bien plus nuancé.
Trilogie à ne pas manquer et à lire bien évidemment dans l’ordre.

Première partie : La pension Beaurepas
http://www.senscritique.com/livre/La_pension_Beaurepas/critique/29742593

Deuxième partie : Une liasse de lettres
http://www.senscritique.com/livre/Une_liasse_de_lettres/critique/29767190
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le 24 janv. 2014

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