La montagne accouche d'une souris
Oser mettre un bémol au génie désormais encensé de Philippe Muray peut sembler relever de la pure provocation, et pourtant…
Là où " l'Empire du Bien " transporte le lecteur dans la pensée lumineuse d'un observateur averti qui sait épingler les travers de son temps, "le XIXème siècle à travers les âges" ne tient malheureusement pas ses promesses.
Malgré l'étalage très documenté d'une érudition certaine, ce livre composite ressemblerait presque à tout ce que l'auteur dénonce dans d'autres ouvrages.
Compilation de références menant très vite à l'overdose, constat parfois obscur d'un mélange des genres et des idées glanées au fil d'autres lectures, d'autres pensées, ce livre ressemble à un avion cargo peinant à quitter la piste car trop alourdi par son chargement de concepts jetés en vrac à la face du lecteur.
Une magnifique promesse non-tenue, souvent dénuée de structure.
Un livre curieusement considéré comme le sommet de l'oeuvre de Muray…
Le sentiment global est celui d'une montagne de connaissances qui ne mène finalement pas tellement plus loin que les auteurs brocardés au fil de l'ouvrage.
Cette critique accepte avec plaisir la contradiction dans les commentaires,
peut-être qu'une relecture s'impose ?