Pas moins de cinq volumes dédiés aux Haut conteurs avaient régalé les lecteurs par leur fluidité, la richesse de leurs personnages et des aventures qu'ils allaient vivre.
C'est donc avec plaisir que ce nouvel opus, sobrement intitulé Origines, devait poursuivre l'exploration de cet univers au travers des premiers pas de Mathlide la Patiente comme Haut Conteuse.
Las ! Si les cinq autres tomes, s'adressant à des jeunes adolescents, pouvaient également enchanter un public adulte, il n'en va pas de même avec ce préquel. En effet, ce dernier semble être écrit pour contenter un public encore plus jeune : une trame narrative plus simple, des personnages aux réactions un peu naïves, des rebondissements un peu faciles, tout concoure à ennuyer le lecteur plus mature. J'estime qu'il s'agit davantage de maladresses des auteurs car le roman offre ça et là certaines scènes légèrement violentes pour des enfants trop jeunes. Peut-être trop vite écrit, ce récit ne présente pas l'intérêt de ses prédécesseurs.
Mais tout n'est pas à jeter non plus. On retrouve toutefois avec joie Mathilde la Patiente et Corwyn le Flamboyant dans leurs œuvres. En outre, un voyage en orient, à la recherche d'un mystérieux trésor lié au livre des peurs, les conduit jusqu'à la lointaine Bagdad. Dépaysement garanti ! Certes, les rebondissements peuvent s'avérer un peu faibles mais la fin du récit se conclut de belle manière, sauvant l'impression générale du naufrage. Les trois derniers chapitres (sur 18 tout de même) me sont apparus captivants, à l'aune de ce qui a précédé.
C'est ainsi que ce conte sur les origines souffle comme une déception au cœur de cet erg médiéval. Trop de grains de sable dans le récit pour qu'il soit fluide...