Précoce automne par dodie
Ce roman est le troisième écrit par Louis Bromfield pour lequel il a obtenu le Prix Pulitzer en 1926.
Dans les années 1920, en Nouvelle-Angleterre, région de Boston, la très ancienne et aristocratique famille Pentland continue à vivre dans son domaine comme le faisait ses ancêtres. L'évolution de la société, des moeurs ne semble pas être arrivée jusque là.
La famille Pentland c'est avant tout les anciens: John, le grand-père qui tient la maison de façon rigoureuse, sa soeur Tante Cassie: veuve acariâtre qui ne semble se nourrir que du malheur des autres.
La deuxième génération: le fils unique Anson, taciturne et ennuyeux, a épousé Olivia dans le seul but de perpétuer le nom.
Lorsque le roman commence un peu de fraîcheur et de nouveauté semblent souffler grâce à l'arrivée de Sabine, une cousine éloignée qui revient de Paris et de Sybil, la fille d'Olivia et Anson âgée de 18 ans qui a passé quelques années en pension à Paris également.
Dans cette famille où rien ne doit dépasser, où tous les sentiments doivent être tus, une seule chose est importante: la réputation et l'honorabilité. Quelque soient les circonstances il faut sauver les apparences......
Olivia était une toute jeune fille lorsqu'elle s'est fait prendre au piège de cette famille. A bientôt 40 ans elle se rend compte qu'elle est passé à côté de sa vie. Et pour elle une seule chose compte: sa fille Sybil ne doit pas être sacrifiée comme elle l'a été.
Pour être franche le début du roman est tellement caricatural que cela en est presque décevant: les gentils sont gentils et les méchants.....méchants. Mais voilà plus on progresse dans le récit plus on se dit qu'il ne faut pas toujours se fier aux apparences!
Le talent de l'auteur s'exprime avec beaucoup de finesse dans l'étude psychologique des personnages.
Olivia est un personnage très attachant que l'on voit évoluer tout au long du livre. Elle, qui semble être une femme et une belle-fille soumise, se révèle finalement comme une femme de caractère qui décidera seule de son avenir.
A travers cette histoire Louis Bromfield nous dresse un portrait au vitriol d'une catégorie sociale certes du siècle dernier, mais même si la société a évolué qui nous dit qu'il n'existe plus ce genre de destin derrière les murs de certaines maisons bourgeoises?
Si ce livre n'a pas été un coup de coeur, à cause du début un peu trop académique, il reste une très belle découverte.