Roland furieux est un roman de chevalerie qui poursuit l'histoire d'un précédent poème le Roland Amoureux écrit par Boiardo mais beaucoup moins fameux.
Il raconte la lutte entre les francs et les maures au temps de Charlemagne.
Les faits historiques y sont quelque peu malmenés.
Un chant raconte par exemple le siège de Paris par les Maures. Les noms de leurs héros semblent un peu trop européens : Roger, Rodomont,...
Comme à l'accoutumé, le livre foisonne de chevaliers prêts à secourir toute princesse en détresse pour ne pas dire même celles qui ne demandent rien. Un chevalier a une mission officiel ; que cela ne tienne, si une jouvencelle a besoin d'un champion, le héros accourra avec le secret espoir d'avoir à se battre pour défendre l'honneur de l'infortunée.
Les chevaliers sont loyaux, forts et certains invincibles. Mais, que se passe t'il si deux chevaliers invulnérables croisent le fer ? Vont-ils indéfiniment lutter sans espoir de victoire et sans risque de défaite ? Non, un événement externe forcera toujours la séparation des deux protagonistes.
Les princesses sont toutes magnifiques, animées des meilleurs sentiments et font régulièrement chavirer les cœurs de ces nobles chevaliers. On s'exclame, on pleure beaucoup pour ces amours courtois ; Roland croyant être délaissée par sa promise en dévient fou à lier, sa raison s'étant envolée.
Tout cela est du grand classique pour ce type de roman et le filon semble s'épuiser. Quelques années plus tard, Cervantes avec son Don Quichotte franchira le pas en se moquant ouvertement de ces écrits et tout particulièrement de Roland furieux.
Pourtant, ce poème est séduisant avec ces aventures inextricables. On sent même que l'auteur ne prend pas toujours très au sérieux ce qu'il raconte. Par exemple, certains chevaliers sont en réalité des femmes. Il pose alors la question de savoir ce qui doit compter le plus : la beauté ou la bravoure de la concernée. Les Maures n'ont pas non plus le mauvais rôle. Leurs comportements sont très similaires aux Francs.
Je pense que le propos du livre est avant tout de divertir son lecteur et en particulier les commanditaires de l'époque située à Ferrare. Ce qui m'a surtout motivé pour le lire est le fait que je l'ai souvent vu cité par d'autres auteurs. Que se cachait-il derrière ces références répétées ?
Une belle histoire de chevaliers armés d'épées renommées comme Durandal ou d'un morceau de l'armure d'Hector de Troie.