J'ai pris ce livre un peu par hasard, la couverture d'abord : de l'espace, cool, sympa, ça accroche. Je lis la quatrième : un voyage vers Vénus, chouette, j'ai un copain qui travaille dessus ça pourrait lui plaire. Si en plus c'est avec une vision (ou du moins un point de vue) européen, alors c'est bingo banco. Et si je jetais un oeil ? Ca tombe ça pourrait me botter aussi - en plus j'ai plus rien pour mon trajet de ce soir.
Eh bien. Eh bien je ne sais pas trop quoi en penser au final, de ce livre. Comme souvent dans le premier roman, l'auteur y met beaucoup des thèmes qui lui sont chers, qu'il a travaillé avec acharnement pour conclure à son premier long récit. Des fois ça marche bien mais des fois, tu as senti qu'il a voulu traiter trop de choses à la fois. Est-ce que c'était un roman de SF ? Non. Non, rien à voir. La crédibilité est un vain mot, comment croire à ce type tout frais sorti de son université qu'on balance dans l'espace avec un entrainement bâclé et une CARIE ? (j'ai pas compris tout le délire avec la carie sérieux) Comment croire à ce type qu'on balance dans l'espace alors qu'il a visiblement quelques problèmes psychologiques et un désamour presque total de l'entretien de la forme physique ? Le plus drôle étant sans doute les communications instantanées (et vidéos s'il vous plait) avec la Terre. C'est quoi la techno ? Si encore le roman était situé plus loin dans le futur mais non, on est quasiment à aujourd'hui. Oh et puis le deus ex machina quand le type est récupéré in extremis ? Sans parler de l'extra-terrestre CHELOU ?? Non mais je sais pas, rien n'est crédible, la rentrée dans l'atmosphère, je ? Donc déjà, ces points m'ont vraiment gênée et m'ont empêchée de vraiment m'intéresser et au personnage et à l'histoire.
L'histoire justement. Le voyage dans l'espace, prétexte pour une introspection qui hélas ne finit pas avec le retour sur Terre : la conclusion s'étire dans de nombreux chapitres, Lenka, Lenka, Lenka, mon passé traumatique, Lenka. On se lamente, on cherche, on s'explique (à soi-même). Ce sont des chapitres qui étoffent le personnage principal et sa complexité, des chapitres que j'ai lu sans déplaisir mais qui, à mon avis, arrivent bien trop tard. Comme tout le contexte de l'histoire de la République tchèque : tout ça est très intéressant (je le dis sans ironie) mais est-ce que ça aussi ce n'est pas un thème de trop ? A force de vouloir donner trop de contexte on n'arrive plus à savoir ce qui est important à retenir et ça en devient frustrant, de se sentir être baladé sans prise sur le récit.
En résumé, c'est un bouquin bizarre que je n'arrive pas à situer parce que je n'arrive pas à y croire vraiment. Décollage raté, pour ma part.