Je ne remercierai jamais assez Dostoïevski pour avoir écrit ce livre qui m'aura permis de prendre du recul lors d'un passage difficile de ma vie. Le protagoniste est une personne pour laquelle il m'est facile d'éprouver de l'empathie tant j'ai l'impression que son désarroi est aussi le mien. Au fond, nous sommes victimes d'une erreur de jugement coupable de nombreux maux, qui est la croyance selon laquelle "le bonheur se mérite". Ainsi, Vassia, modeste employé de bureau, se sent rapidement submergé par la perspective d'un bonheur qu'il touche enfin du doigt avec l'annonce de son mariage à son meilleur ami. Il sombre alors dans la folie à cause d'un simple dossier en retard qu'il ne parvient pas à terminer dans les temps. Le besoin de reconnaissance auprès de son supérieur, la peur pathologique du blâme, le conduit à s'interdire d'être heureux. Le récit prend vite une tournure dramatique qui résonnera chez beaucoup d'entre nous, et nous montrera le ridicule qu'il peut y avoir dans le fait de faire passer sa vie professionnelle avant son épanouissement personnel.