Le meilleur....
J'ai du respect pour Megadeth et Dave Mustaine. Tête dure, il décide de former un groupe après son éviction de Metallica et réussit à perdurer à travers le temps en s'incluant ,avec raison, dans le...
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le 14 mars 2016
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Je suis de la génération qui voit les gens partir pour l'autre monde et à qui je succederai. Ce qui peuplait mon enfance disparaît lentement au gré du temps. Ma mère en fait partie et logiquement mon père suivra dans la prochaine décennie. Bien que je souhaite qu'il soit centenaire, je dois m'y préparer mentalement histoire d'atténuer le coup lorsque le jour arrivera. Je ne peux pas me leurrer cependant, la douleur sera atroce , la musique va tourner le fer dans la plaie et honnêtement, je ne sais trop comment je reagirai à ce moment. Mais, le cycle de la vie est ainsi fait et on ne peut rien changer à la roue du temps. La logique prévaut et nos parents doivent partir avant nous. Chiant mais logique existentielle...
Préambule accompli, il est maintenant question de me projeter dans le temps car, mon tour viendra tout juste ensuite. A mon age, les appels pour un diagnostic médical commencent à se faire sentir et riment souvent avec inquiétude et surveillance rapprochée. Le problème vient du fait que l'état général de la machine s'avère douteux et que la curiosité reliée à ce même état ne fait aucunement partie de mes priorités. Je suis possiblement déjà mort et je ne le sais pas encore. Beaucoup de mots pour dire procrastination face au dossier médical. La chanson évoque le suicide du père du chanteur. Ficelée de belle façon, on comprend que le paternel se cache maintenant au ciel, trop loin pour que l'enfant puisse le (re) trouver. Précédemment, j'envisageais une douleur lancinante au départ du mien. Qu'en sera-t-il de ma progéniture. Cette lettre permettra peut-être de répondre à leurs questions...
Je me souviens d'à peu près tout en ce qui a trait à mes enfants. J'ai une mémoire photographique et ces instants demeurent gravés dans ma tête. Curieusement, malgré une absence mentale du à cette fâcheuse habitude de trop-penseur, les moments significatifs avaient le temps d'être pris en clichés. Ma plus grande sur la boite au lettre que je feignais d'oublier. Son engelures lors d'une promenade ou le vient glacial à décidé subitement de venir nous faire chier malgré ma tentative de garder sa tête dans mon manteau pour éviter le pire. Ma plus jeune, plus mystérieuse , a l'affection féroce mais toutefois méritoire ( si tu es con, tu auras pas de câlin). Nos devinettes avant le dodo qui souvent devenaient ultra rapide afin d'en finir ( tradition oblige, on devait les faire...) et qui servaient surtout prétexte à faire râler sa mère. Ses bouclettes... Et mon fils, arrivé sur le tard, qui n'avait rien à foutre de son père jusqu'à 6 mois. Puis, qui est devenu tellement affectueux malgré mes craintes du contraire. Celui avec lequel je tente de réparer les erreurs commises avec ses soeurs. Et les mots : " Tu vas me manquer " dits avec mélancolie lorsque je le ramène après un week-end trop court et qui résonnent dans ma tête tous les jours suivants jusqu'à son retour. Nos missions furtives et des fous rires en jouant à la console. Ce qui est triste se situe dans l'invisibilité de mon monde psychologique et en voici la raison.
Étant cartésien, je peux, sans trop de marge d'erreur, affirmer que mes enfants occupent entre 70 et 75% de mon espace mental. Je pense aux souvenirs, au présent, à leurs émotions, leurs projets, me rapprocher, leur écrire, non, ne soyons pas fatiguant , les j'aurais dû, les je pourrais, mes torts, mes bons coups, mon image, ma présence, mes absences, savent ils ? Malheureusement, il n'y a pas de thermomètre indicateur d'amour pour prouver quoique ce soit. L'horloge avance continuellement sans manquer un coup d'aiguillage. Je n'ai pas encore trouvé d'ailleurs la chanson qui pourrait réellement exprimer ce qu'il y a en dedans. Au niveau du lègue, jusqu'à présent, il sera constitué surtout d'une mentalité particulière, de plusieurs milliers si ce n'est pas millions de mots. Une certitude demeure cependant concernant mon rôle dans leurs vie. Même en étant le roi, le summum du trou du cul-isme (!), leurs rôles dans la mienne m'a probablement sauvé la vie. Tenir mes enfants dans mes bras m'a procuré un bonheur plus grand que le même exercice avec une femme. La comparaison est boiteuse certes, toutefois, le parallèle tient lorsqu'il est question de câlin. Même amoureux à en perdre la tête, mes enfants avaient toujours une longueur d'avance. La naïveté, l'innocence d'un bambin qui regarde le parent n'a d'égal que le sentiment qui remplit le coeur du père dans ce cas-ci. La joue dodue, la main potelée, la douceur du cheveux parfumé au shampoing pour bébé ne sera jamais égalée par le plus beau des hommes ou encore la plus jolie des femmes. L'enfant procure une magie humaine, un miracle de la nature et un attachement inconditionnel. Essayez l'amour inconditionnel, la vie durant avec un conjoint...
La pièce peut arriver à vous faire pleurer. Réside justement là sa force. Le petit garçon qui cherche son père de manière innocente en jouant à cache-cache mais qui ne le trouve plus puisque celui-ci est parti au ciel. Je ne peux pas me décrire comme étant blanc comme neige au ce sujet ayant eu un épisode de détresse impliquant mon départ. L'inquiétude a cédé sa place ( pour mes enfants) à une acceptation d'un paternel plus taciturne que suicidaire ( je met entièrement la faute sur un médicament). Puis, tranquillement, une sorte d'éloignement s'est créé en lien avec mes filles qui composent avec une vie d'adulte contrairement a avant, lorsque je pouvais les embrasser à ma guise sur une joue ronde. Le temps...
Et maintenant, la lettre. Ceux qui me connaissent savent très bien que je ne joue pas. Acteur ne me convient pas. Je ne jouerai jamais à cache-cache sachant que mon enfant pourrait en souffrir. C'est là raison pour laquelle je reste ici. Ne cherchez pas, il n'y en a pas d'autre. Comme le dit le texte de Maxime, il n'y aura pas d'autres fois. Le temps est assassin et peu importe qui vous êtes, il aura votre peau. J'essaie tant bien que mal de faire une différence à ma façon. Sans trop de succès, je l'avoue. Sachez que mon coeur lui, bat uniquement pour vous. Il a visiblement été créé pour vous aimer. Par malchance, il ne m'aura pas été donné d'être un amoureux convenablement bâti pour les relations de couple. Cette part innocupée vous revient donc de droit. Mon mandat ici tirera bientôt à sa fin si l'on calcule uniquement la biologie puisque vous serez adultes. Bien que dans ma tête je me vois toujours autour de 35 ans, le corps, pour sa part, en a environ 55. Négligeant médicalement, j'ose espérer qu'une décennie entière représente ma date de péremption. Je demeure dubitatif cependant sur la manière de partir. Sera-ce un long parcours rempli de souffrance lié à une décrépitude notoire tel un déchet qui pourri au soleil ? Ou plutôt un départ rapide qui soit accidentel , pendant le sommeil, ou un quelconque cancer fulgurant qui laisse à peine le temps de dire au revoir ? Réside là le mystère de notre finalité. Même la meilleure boule de cristal ne pourrait le prévoir avec justesse. L'importance de tout déballer de son vivant prend alors tout son sens.
Certes, le sujet est délicat, néanmoins, il m'apparaît nécessaire de faire l'exercice. J'ai tenté d'accorder du temps à mes parents toute ma vie durant afin de ne pas avoir de regret à leurs départ. Pourtant, la sensation qu'il m'en a manqué refait surface sporadiquement. De l'autre côté, j'essaie de respecter la liberté de mes enfants malgré qu'ils me manquent beaucoup par moments. D'ailleurs, je me questionne à l'occasion sur la charge mentale. Il est évident que la plus grande part se dirige vers le parent qui a la garde courante. Mais est-ce que le manque et/ ou l'ennui ne serait pas une forme de charge mentale émotionnelle ( inquiétude, manque, questionnements, doutes...)? Quoiqu'il en soit, je tenais à passer le message à travers une pièce qui secoue, qui remue l'intérieur avant un départ impromptue qui fait partie des possibilités dans ce grand jeu de roulette. Parfois ailleurs mais toujours avec vous, je peux promettre une chose. Une fois parti, je ferai tout en mon pouvoir, et ce même si on me l'interdit, pour vous donner des signes. Car si je n'ai pas réussi convenablement pendant mon passage en bas...
Je tenterai de me racheter une fois en haut. Si ma place y est bien entendu. Alors si vous sentez que je suis là, plus tard après le grand voyage, ce ne sera pas une impression. Encore ailleurs, sans aucun doute. Mais je serai là. Même si ca doit me coûter...
L'enfer.
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il y a 4 jours
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