Lunar Sea
8.1
Lunar Sea

Morceau de Camel (1983)

Moonmadness est l'un de ces albums parfaits, comme Mirage, où il n'y a aucune pièce faible ou inutile, entièrement constitué de morceaux de très haute qualité. Si il y a une vraie pièce de résistance sur cet album, c'est indubitablement l'instrumental conclusif Lunar Sea, l'un des meilleurs morceaux du groupe, qui propose une excellente synthèse des styles abordés depuis le début de leur carrière. Alors déjà, le titre est super bien trouvé: en anglais, une mer lunaire se dit lunar mare et non lunar sea. Par contre, si ce mot est prononcé avec un accent bien britannique, on entendra "Lunacy", qui veut dire Moonmadness! C'est une masterclass en termes de jeux de mots! Revenant à l'instrumental, celui-ci commence par une ambiance mystérieuse et extrêmement planante (je sais, je sais, j'ai déjà utilisé ce putain de mot 67382 fois dans cette critique, mais ici c'est vraiment stratosphérique!!!) qui, plus que jamais, renvoie à fond aux magnifiques paysages mélancoliques et enneigés de la pochette, tout en donnant l'impression d'être sur une autre planète, avant de passer à une progression hypnotique admirablement conduite par des licks de guitare intrigants accompagnés d'une batterie poignante. Puis, surprise, solo de synthétiseur! le vrai cette fois, avec les classiques modulations de fréquence qui caractérisent leur usage, pas souvent réussi... mais dans le cas-présent, je trouve qu'il est optimalement mené par Bardens, qui fait preuve de la même sagesse que sur Aristillus. Derechef, quand je l'ai écouté pour la première fois, ce solo de synthé me paraissait vraiment excessif, mais j'ai appris à l'apprécier voire l'acclamer. La cerise sur le gâteau, c'est l'excellent groove qui l'accompagne, représentant l'un des rares moments où le bassiste Doug Ferguson est mis en avant, rappelant son incroyable performance sur le magnum opus du groupe, Lady Fantasy! Passé ce cap, ce sont les guitares furieuses et allumées de Latimer qui prennent le relais, délivrant un jeu strident, hard, agressif et tout simplement jouissif, avec la batterie déchaîné de Ward pour fond. Cette section outro reste sans aucun doute le meilleur moment de la chanson, voire de l'album en général, mettant parfaitement en évidence la virtuosité et l'intensité de Camel. Lunar Sea se termine sur un long bruit de vent énigmatique qui conclut Moonmadness de façon magistrale!

10/10

Herp
10
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il y a 3 jours

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