Voilà ça y est, c'est fini. Après cinq ans de bons et loyaux services, Boardwalk Empire, série avec laquelle j'ai eu une relation compliquée suivant les épisodes et les saisons, tire sa révérence. On aura plus droit à sa réalisation qualité cinéma, ses décors et ses costumes vintage hyper-travaillés, ses acteurs de folie nous délivrant des personnages hauts en couleur, de la badassitude de Chalky White en passant par les pétages de câble de Van Alden et le rire creepy de Mickey Doyle.
Fini les reprises de vieux titres jazzy aussi... Damned. Tout ça pour ces foutus dragons de Game of Thrones. HBO réduit le budget après la saison 2, incite les auteurs à accélérer, à sauter une année entre chaque saison... Pour finir par couper court en laissant une saison de huit épisodes pour achever la série. Et bien que ça ne soit pas parfait, les mecs en charge se sont tout de même sacrément bien démerdés. Fort heureusement, leur méthode consistant à écrire au fur et à mesure, à ne pas savoir où ça les emmenait, leur a sans doute facilité la tâche. Plus de liberté, moins de déception et de frustration pour eux.
Cette série a quand même réussi à me faire suivre des personnages tous plus dégueulasses les uns que les autres et à aimer ça ; une tendance que j'ai, et que sans doute beaucoup ont, à ignorer, éluder, mettre de coté la laideur d'un personnage (dans une certaine limite et suivant le contexte) pour ne retenir que les éléments positifs qui le composent.
Boardwalk Empire c'est de la poésie sans morale, sans but ; une danse entre ce qu'il y a de plus laid et de plus beau dans l'humanité. C'est pas toujours réaliste, c'est pas toujours géré, parfois c'est trop cru et parfois trop mélo (en gros, ça ne s'assume jamais vraiment), ça jongle entre les genres mais cependant ça trébuche rarement. Et puis même si au final l'histoire semble n'être qu'un enchaînement d'événements (partiellement) sans but, au réalisme bancal et à la véracité douteuse mettant en scène des persos détestables plus ou moins bien maîtrisés, le jeu d'acteur, l'ambiance, la musique, ces petites touches de poésie et d'humour ici et là valent bien toutes les fins et tous les destins.