Les téléspectateurs américains n'ont décidément aucun goût...
... mais c'est vrai quoi ! Leur relatif désintérêt pour Firefly a bel et bien provoqué l'annulation de la série qui ne compte que 14 épisodes (bon c'est surtout la faute de la Fox en réalité...). Cette oeuvre inaboutie sera finalement complétée par un long métrage deux ans plus tard, les DVD ayant connu un certain succès. Il n'empêche que tout amateur ne pourra que bouillonner de frustration en imaginant ce que ce western space op' aurait pu donner en s'étalant sur plusieurs saisons... Car oui, Firefly est une série d'exception injustement méconnue en France. Je m'en vais vous expliquer pourquoi.
Firefly mélange avec délice science-fiction et western, vaisseaux spatiaux et cowboys à cheval, métropoles volantes et villages de bouseux... enfin vous avez compris l'idée. L'accoutrement des personnages s'inspire de multiples cultures, de multiples époques même, mais on devine la dominance de deux nations : les USA et la Chine. Tout le monde n'arrête d'ailleurs pas de jurer en mandarin, une idée parfaitement saugrenue mais finalement hilarante, sans compter que cela a permis de contourner les "bips" de la censure. Pour ceux qui connaissent, ce melting pot un peu foutraque rappelle assez irrésistiblement Cowboy Bebop, monument de la japanimation.
Autre point commun avec Cowboy Bebop : des héros aussi stéréotypés qu'inoubliables. Ainsi, l'équipage du Firefly se compose d'un capitaine tourmenté au grand coeur, d'une ex-militaire aux méthodes musclées, d'un pilote porté sur la déconne, d'une brute cupide mais attachante, d'une mécano pleine d'entrain, d'un pasteur au passé trouble, d'une courtisane bienveillante, d'un médecin un brin empoté et de sa jeune soeur psychologiquement instable. Neuf persos, neuf clichés. Et pourtant, tous sont passionnants, développés et très bien écrits. L'extraordinaire qualité des dialogues y est pour beaucoup... Certaines répliques sont proprement désopilantes et toutes frappent par leur justesse. Evidemment, les acteurs sont excellents.
Chaque épisode propose une aventure indépendante même si un fil directeur ténu subsiste. Ce sont finalement les personnages qui supportent l'édifice et qui donnent tant de cachet aux inventives péripéties. Nos héros ne cherchent qu'à gagner leur croûte à coup de missions plus ou moins risquées, enchaînant galère sur galère. Oui, comme dans l'anime culte de Watanabe, une fois de plus. Vraiment étonnant que les auteurs ne le citent pas en référence. Enfin, repompe ou pas repompe, Firefly conserve un charme fou... et son aura d'oeuvre maudite n'a pas grand-chose à voir là-dedans !