Après un peu de retard, et un film récapitulatif qui a surtout le mérite de compresser les premiers épisodes, GITS 2045 reprend du service avec une deuxième partie surprenante mais toujours aussi problématique.
J'avais quitté la première partie de l'anime avec un sentiment d'optimisme, grâce à un dernier arc qui revenait à un thème de la franchise : le questionnement de la réalité et de ce qui nous définit. Bien qu'il faut attendre la conclusion avant d'arriver à la substantifique moelle de l'oeuvre, les développements proposés reviennent pleinement sur ce thème, avec une idée sci-fi derrière sophistiquée, et ont assez de fond pour susciter la réflexion, ainsi que quelques surprises. Préparez-vous à regarder le dernier épisode par deux fois d'ailleurs.
Ce second volet entreprend également de raccrocher ses deux sujets principaux, les post-humains et la guerre durable, par le biais d'intrigues versant dans le politique au ton de grand conspirationnisme. Si cette troisième série trahit son titre en brisant, largement, la formule de ses prédécesseurs, Stand Alone Complex garde des similitudes sur certains autres aspects.
Par ailleurs, son scénario cérébral ne l'empêche pas de laisser régulièrement place à de l'action explosive. La 3D de ce nouveau Ghost in the Shell laisse toujours autant à désirer, et s'avère fort inégale d'une scène à l'autre, mais avec moins d'acrobaties stupides et autres 'silly walk' des post-humains, nous pouvons davantage apprécier les interventions musclées de la section 9. En outre, la forte présence de l'Empire américain permet l'intervention d'autres forces armées technologiquement avancées, ce qui pimente les escarmouches.
A son meilleur, ce GiTS SAC 2045 donne l'impression d'être revenu au bon vieux temps de ses premières moutures. Cependant, l'illusion n'a rien de durable face aux défauts prévalents. Pour revenir à ma première critique, Purin continue d'être un ajout assez exaspérant (les Tachikoma suffisent comme comic relief), d'autant plus qu'elle devient un élément central dans cette suite. Pour augmenter le pathos envers elle, l'anime essaye même de la rattacher à l'équipe principale, en utilisant une sous-intrigues du premier Stand Alone Complex, ce qui n'a pas fonctionné en ce qui me concerne.
Ce n'est pas le seul rappel aux précédentes séries, et je dois avouer avoir été profondément ennuyé par la similarité entre la situation de Dejima, de 2nd GIG, et celle transpirant sur le site de Tokyo. Comme susmentionné, le scénario de GITS 2045 n'est pas sans mérites mais s'avère largement diminué par des facilités, idées incongrues, points peu compréhensibles (pour moi) et une fin ambigüe sans le moindre effet cathartique.
Finalement, ce nouvel ajout à la franchise, en manquant l'excellence de ses aînés ne m'a donné envie que de revoir ces derniers. Un généreux score pour une série qui ne marquera pas son époque.