Deux factions armées constituées de soldats qui se battent pour protéger des civils et venger des morts dans une guerre qui a pour origine l'intolérance, le mépris, la convoitise... alimentée par les tragédies accélérant le conflit, dirigée par deux états-majors soit incompétents, soit impitoyables, quand c'est pas les deux, ne considérant les troupes que comme des pions sacrifiables, voilà le contexte qui a beau être futuriste sonne carrément vraisemblable.
Le scénario tient parfaitement la route, ne traîne pas à démarrer, il est de qualité. Si au début on voit le schéma apparaître assez aisément, meilleurs amis, meilleurs ennemis qui s'affrontent sans trop comprendre pourquoi, des épisodes comme l'instant du Flash en montrent tout le potentiel, même si il faut attendre la moitié de l'animé que ça arrive le moins qu'on puisse dire c'est que ça prend aux tripes, on comprend autant la rage de l'un que celle de l'autre, l'adrénaline est à son apogée, on veut un vainqueur et après, tout comme les persos, on se pose et on remet en question la nécessité de combattre.
À ce sujet, il y a quelque-chose que j'ai remarqué au bout d'un moment c'est que je me mettais toujours ou presque du côté de celui pour qui la guerre était en train de mal tourner, ça vient très certainement du fait que dans beaucoup d'histoires le challenger remporte la victoire sur le champion en se surpassant et ce challenger c'est le héros, mais là c'est sans arrêt inversé, une victoire pour l'un, une victoire pour l'autre, tout deux voulant cesser le conflit via une victoire décisive qui n'arrive jamais mais dont l'essai entraîne des représailles plus terribles encore, on se rend alors compte véritablement du message de l'animé sur la paix, qu'on avait déjà vu venir mais on ne le ressent qu'au moment où les personnages commencent aussi à le ressentir, en tout cas ce fut mon cas et c'est là que j'ai trouvé que c'était un coup de maître de la part des scénaristes.
L'un des défauts qu'on reproche souvent à Gundam SEED, comme à d'autres Gundam, c'est de se contenter de dire « la guerre c'est mal ! », à ça j'ai deux contre-arguments, d'abord sans vouloir jouer le pacifiste à deux balles je préfère que le message de fond soit la guerre c'est mal plutôt que le contraire, l'apologie ou même la banalisation de la violence sans chercher à la justifier ou à la moraliser c'est franchement pas mieux que de la critiquer même si c'est de façon maladroite mais ensuite et surtout si cette critique est bien amorcée, bien mise en scène et laisse à réfléchir, je ne vois pas en quoi ça peut constituer un défaut.
Car oui la mise en scène est très bien foutue principalement lors des moments les plus dramatiques, l'usage des actes d’héroïsme qu'on voit venir à 3 Kms n'y est pas pour rien, à force de voir les héros réaliser des exploits à la dernière minute on systématise ça et on se retrouve pris à contre-pied quand l'animé feint l'acte héroïque pour le remplacer au dernier moment par une mort aussi émouvante qu'inattendue. Et quand en plus cette mise en scène se mêle avec des enjeux d'importance forcément ça fonctionne très bien et moi-même ça faisait longtemps que j'avais pas eu des frissons en regardant une scène me demandant jusqu'au bout quel sera son dénouement.
L'animé s'étend sur une cinquantaine d'épisodes et non seulement profite de cette longueur pour qu'on s'attache aux personnages mais aussi pour se renouveler, d'une part dans ces environnements (aux confins de l'espace, sur le sable, dans les eaux... ) et d'autre part avec ses antagonistes, du mystérieux officier masqué impitoyable et intelligent au politicien cruel et manipulateur en passant par le général philosophe et amusant, il y en a pour tous les goûts. Cet antagonisme n'est pas manichéen et même Providence, celui qui se rapproche le plus du mal a des arguments à faire valoir quand à ses motivations, « L'Homme croit en la justice mais fuit l'inconnu, l'Homme ignore tout mais n'écoute rien, l'Homme va disparaître mais il l'aura mérité ! »
Le gros défaut de cet animé pour moi c'est le personnage principal qui manque trop souvent de charisme en paraissant toujours naïf, voir niais, ce qui est quand même un comble pour un personnage qui s'appelle Kira, même si il évolue par la suite pour gagner en assurance, j'ai un peu de mal avec lui tout en étant conscient de la raison pour laquelle il est comme ça, lui et son balai dans le.. enfin vous avez compris.