Cela faisait tellement longtemps que cette série traînait sur ma pile qu'il fallait bien que je m'y attarde un jour. Le problème, c'est que je n'étais pas tellement amateur de séries et que ce n'est que depuis quelques mois que l'envie de me plonger vraiment dans ce petit monde m'est venu.
Rome a donc eu sa chance et je dois avouer avoir assez apprécié le contenu de cette série, étalée sur deux saisons et arrêtée faute de moyens.
Il faut dire que les créateurs et producteurs y avaient mis le paquet en ce qui concerne les costumes et les décors. Plus de 200 millions de dollars ont été dépensés pour les deux saisons, c'est dire... De véritables moyens cinématographiques mais le résultat est là à l'écran. On a bel et bien l'impression d'être plongé deux mille ans en arrière.
Au niveau de l'histoire, il ne faut pas s'attendre à voir une vision proche de la réalité historique. Les scénaristes se permettent des libertés tentant surtout de trouver un équilibre entre réalité et fiction. Servilia, par exemple, ne meurt pas après la mort de Brutus. Atia n'est pas nécessairement aussi cruelle et manipulatrice qu'elle ne l'est dépeinte.
Mais évidemment, vu le contexte historique, les nombreux changements de pouvoir, le tournant que cette période a constitué pour l'Empire Romain, il valait effectivement mieux insister sur la psychologie des personnages, quitte à tronquer un peu (ou beaucoup) la réalité.
Autant j'ai adoré le personnage de Titus Pullo, brute finalement au grand coeur, fidèle serviteur de Auguste, j'ai eu un peu plus de mal avec le personnage de Lucius Vorenus, dépeint de manière beaucoup trop psychorigide dans la première saison avant que le drame qui le touche ne le transforme quasiment totalement. Néanmoins, leur duo fonctionne parfaitement à l'écran.
On passe parfois plusieurs années d'un épisode à un autre mais c'est dommage de voir qu'hormis le personnage d'Auguste, les gens ne bougent pas physiquement. Ca fait un peu cloche, il ne faut pas avoir peur des mots. Les transitions d'une époque à l'autre sont un peu mal foutues.
Beaucoup de sang, beaucoup de sexe, de la violence mais pas au point d'en être dégoûté, on retrouve aussi la marque de fabrique de HBO sur ce coup.
Le casting est par contre impeccable dans son ensemble.