Carpette
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Cette mini-série en sept épisodes imaginée par Tristan Séguéla et Olivier Demangel nous montre dans le premier épisode un Bernard Tapie encore jeune, mais fermement résolu à réussir sa vie (comme il le chantera plus tard, en 1985), à devenir un homme important. Si sa carrière de chanteur de charme a vite tourné court, en revanche, il a montré très vite des capacités d’entrepreneur, de businessman fonceur et prêt à tout, même à faire de la publicité mensongère, pour obtenir ce qu’il veut, pour aller au bout de ses idées, toujours persuadé du bien-fondé de ses choix, quitte à se planter en beauté comme avec sa société « Cœur-assistance ».
La suite, on la connaît : rachats d’entreprises pour un franc symbolique, promesses non tenues, plans sociaux, et, très vite, Tapie devient l’image incarnée du capitalisme à la française. Homme d’affaires, séducteur, tchatcheur, bluffeur (à peine caricaturé par les Guignols à l’époque), dont la gouaille et la réussite ont séduit des millions de gens, jusqu’aux plus hautes sphères l’État, quand Mitterrand décide de le nommer Ministre de la ville en 1992, lui, cet homme parti de rien, comme il aime le rappeler souvent dans la série, et qui, en 1993, était persuadé qu’il pouvait briguer la présidentielle. Malheureusement pour lui, l’affaire VA-OM va mettre fin de manière brutale à son ascension. Car pour avoir voulu préserver son équipe avant la finale de Coupe d’Europe de 1993, Tapie décide de payer trois joueurs de Valenciennes pour qu’ils lèvent le pied durant le match qui va les opposer à l’OM. Mais, coup du sort, Jacques Glassmann, l’un des trois joueurs soudoyés, a un cas de conscience et décide de parler. Pour sauver la mise, et persuadé qu’il peut négocier avec le juge en charge de l’affaire, Tapie part en pleine nuit pour rencontrer Eric de Montgolfier, le procureur de Valenciennes. C’est dans son bureau qui va se jouer le destin de Bernard Tapie.
Dans un ultime épisode passionnant, remarquablement dialogué, mis en scène et interprété, on assiste au duel entre un homme persuadé qu’une fois encore il va passer en force en jouant de son bagout et de son charme pour ramener à la raison son interlocuteur, et un procureur inflexible et cette fois plus rusé que lui, et qui en quelques heures va éteindre la légende Bernard Tapie.
Une série passionnante donc, qui nous replonge dans les années 80 et 90 avec brio, dans des décors et une reconstitution soignés, portée par un Laurent Lafitte absolument génial pour incarner Nanar, reprenant la gestuelle, les mimiques du personnage avec une précision incroyable. Certes, on pourra regretter le côté un peu expéditif de certains moments de la vie de Tapie (il aurait sans doute fallu 3 ou 4 épisodes de plus), mais globalement, le résultat est assez bluffant. Car en dehors de Tapie, les personnages secondaires sont tout aussi réussis : le père de Tapie, très touchant, joué par Patrick d’Assumçao (découvert dans L’Inconnu du lac en 2013), mais surtout Dominique Tapie, l’épouse, (magnifique Joséphine Japy) ou encore Nicole, l’assistante de l’homme d’affaire (un personnage totalement inventé) incarnée par Camille Chamoux. Deux femmes qui ont tenté d’être des garde-fous, de prévenir la chute du navire, mais souvent en vain, face à un homme sans filtre et toujours trop sûr de son succès, et qui a fini par se brûler les ailes malgré la réussite, la richesse et la gloire.
https://www.benzinemag.net/2023/10/03/netflix-tapie-la-vie-la-gloire-et-les-combines-a-nanar/
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Créée
le 21 oct. 2023
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