Généralement, quand un proche disparait, le retour de « l’être aimé » est inconsciemment souhaité. Mais ici il en est tout autrement. Les gens tentent d’oublier l’événement qui a bouleversé l’humanité quelques années auparavant. Cet événement est un traumatisme collectif. La série française Les Revenants nous offre une vision similaire: le retour du proche est psychologiquement intenable. The Leftovers ne s’intéresse aucunement aux disparus, mais à ceux qui sont restés et c’est en cela que réside toute sa puissance.
(D'ailleurs, même l'épisode final ne révèle pas le "comment", ni vraiment le "pourquoi" de la disparition, et, à mes yeux, la saison 2 et les suivantes en feront autant. Elles resterons vagues concernant le "pourquoi" et muette concernant le "comment").
Il est clair que The Leftovers est une série énigmatique, parfois même ésotérique, qui donne à réflexion. La clé de l’intrigue réside dans le non-dit et l’interprétation. En cela, la série exige du spectateur une concentration et un effort d’analyse incessant (dans un sens largement positif). La série est globalement contemplative et assez lente (à l’exception peut-être d’une séquence de l’épisode 10), mais cette lenteur est nécessaire afin de donner aux images toute cette force psychologique. La mise en scène est excellente et en quelque sorte magistrale.
Sans nul doute, The Leftovers est la meilleure série offerte par cette riche année 2014. Et merci HBO.