Quand tu espérais une orgie de vampires badass, mais que ça vire à la soirée pyjama en mode guimauve

Une nuit en enfer : la série, c’est un peu comme si tu avais pris l’original de Robert Rodriguez et Quentin Tarantino, mais que tu l’avais remixé en mode telenovela sur fond de vampires en quête d’identité. Ce qui aurait pu être une orgie de violence, d’hémoglobine et de dialogues cinglants finit souvent par ressembler à une série B qui essaie de retrouver la coolitude de son aîné sans jamais y parvenir vraiment. Prépare-toi à une nuit… mais sans l’intensité apocalyptique promise.


Basée sur le film culte de 1996 (From Dusk Till Dawn), la série reprend le fil avec les frères Gecko, Seth (DJ Cotrona) et Richie (Zane Holtz), deux criminels en cavale. L’idée est d’approfondir l’univers, d’ajouter du contexte et de creuser les personnages. Bonne idée sur le papier, sauf qu’au lieu de sombrer dans la folie nocturne des vampires et des flics corrompus, la série ralentit… beaucoup. Alors que le film original t’embarque dans un road trip infernal qui se termine dans une explosion de crocs et de chaos, la série prend son temps, mais un peu trop. C’est comme si au lieu de foncer droit vers l’enfer, elle s’arrêtait en chemin pour papoter sur la psychologie des vampires.


Le vrai problème, c’est que Une nuit en enfer : la série essaie de te refaire tout le film en 10 épisodes. Oui, tu as bien lu. Ce qui tient en un film de 1h45 se délaye ici sur des heures et des heures. Résultat ? Le rythme s’étire et les scènes qui auraient dû te coller à ton siège finissent par te faire chercher ton téléphone. C’est un peu comme si tu étais coincé dans une voiture avec Seth et Richie, mais au lieu de rouler à 200 km/h, tu te traînes derrière un tracteur, en espérant que les vampires fassent quelque chose de spectaculaire. Mais non, ça tarde à venir.


Seth et Richie sont toujours là, mais ils manquent de la saveur originale. Cotrona essaie de canaliser le charme bad boy de George Clooney (bon courage), et Holtz joue un Richie plus tourmenté que celui de Tarantino, mais tout ça reste un peu tiède. Le duo, qui dans le film fonctionnait comme une machine bien huilée de répliques cinglantes et de violence décomplexée, devient ici plus… contemplatif. Et soyons honnêtes, ce n’est pas vraiment ce qu’on attendait d’eux.


Les vampires, censés être les stars de ce cauchemar nocturne, manquent eux aussi de mordant. Dans le film, ils sont des créatures sauvages, bestiales, presque burlesques. Dans la série, on te balance des intrigues autour de leur culture, leur mythologie, et on en apprend un peu trop sur leurs drames personnels. Résultat : au lieu de courir pour ta vie, tu te retrouves à suivre des discussions interminables sur la hiérarchie des vampires et leurs légendes ancestrales. Sauf qu’à force de trop vouloir expliquer, on perd l’essence même de ce qui rendait ces créatures effrayantes. Ce n’est plus une chasse au massacre, mais une thèse sur le vampirisme avec des pauses café entre deux transformations.


Visuellement, la série essaye de rester fidèle à l’esthétique grindhouse du film original, mais le budget télé se fait sentir. Les effets spéciaux sont passables, mais rien de vraiment marquant. Les scènes d’action manquent de punch, et même les transformations en vampires (qui devraient être le clou du spectacle) sont souvent moins impressionnantes que prévu. Ce qui aurait dû être une explosion de gore et d’horreur est ici plus soft, plus "propre", comme si la série avait peur de trop en montrer. Pourtant, c’est Une nuit en enfer ! On est censé être dans un bain de sang, pas dans une légère éclaboussure.


Les personnages secondaires, eux, sont un patchwork de figures qui tentent de se faire une place dans l’univers. Certains apportent des éléments intéressants, mais d’autres se perdent dans des intrigues parallèles qui alourdissent encore le rythme déjà bancal de la série. On a l’impression qu’à force de vouloir complexifier l’univers, la série s’est noyée dans ses propres ambitions.


Le point positif, c’est que la série tente d’étendre l’univers du film, de creuser plus loin dans la mythologie des vampires et des Frères Gecko. Mais cette tentative d’expansion tombe souvent à plat. Au lieu de nous emmener dans des recoins sombres et inexplorés de cet enfer nocturne, la série tourne autour du pot, sans jamais vraiment oser plonger dans le côté fun, irrévérencieux et totalement déjanté du film original.


En résumé, Une nuit en enfer : la série est un pari risqué qui n’a pas vraiment payé. Ce qui aurait dû être un bain de sang stylé et jouissif se transforme en une lente dissection de mythologies vampiriques, avec des personnages qui n’arrivent jamais à vraiment décoller. Si tu cherchais à revivre l’expérience frénétique et délirante du film culte, tu risques de te retrouver plus en mode sieste qu’en mode massacre. C’est comme une nuit en enfer... mais avec un couvre-feu.

CinephageAiguise
5

Créée

le 14 oct. 2024

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