Le Raï, ce chant en langue arabe faits de paroles d'amour, de protestation envers le zèle religieux et de joie de vivre a un peu disparu des radios contemporaines. Pourtant, dans les années 90', Khaled, Faudel et Rachid Taha déchaînaient les passions avec leurs chants magnifiques et envoûtants, que l'on retrouve dans l'album live 1,2,3 soleils.
On s'extasiera devant la puissance et l'émotion de Khaled dans Wahrane, Wahrane, des envolées "techno-raï" de Taha et Khaled avec Indie, ou encore du rythme dansant de Chebba, chanté par les trois, mais surtout porté par la douce et haute voix de Faudel. Dans Eray et Baida, Faudel emporte le public avec lui, tandis que l'on entend une certaine tristesse de Khaled dans Les Ailes. Les autres chansons, bien que plaisantes, ne marquent pas autant que leur version originale.
Un album d'une rare force donc, appuyé par la ferveur du public, qui permet de découvrir (ou de redécouvrir) les principaux succès des trois chanteurs, en combinant parfaitement des sonorités jazz, raï et techno.
À vrai dire, je ne connaissais pas bien Khaled, et du tout Taha, avant cet album, étant né un peu trop tard pour les découvrir au plein fait de leur gloire. Aussi cet album, en plus d'offrir une excellente introduction au raï et une incroyable prestation des trois chanteurs, permet essentiellement de se familiariser avec leur excellente discographie (comme l'incroyable reprise de Taha avec Rock El Casbah).
À écouter, et surtout à réécouter, à défaut de ne presque plus entendre ce courant musical à la radio, à mon grand dam.