Ah, Serj Tankian, je vous aime : il n'y a bien que vous pour composer une symphonie sur les orques pour nous faire réfléchir à la dichotomie de l'être humain : tour à tour tueuse ou dauphin noir, l'orque tend selon vous un miroir étrange à l'homme. Joli projet, qui ne surprendra sans doute pas ceux qui auront écouté vos albums, lu vos poèmes, aimé passionnément System of a Down...
Elle est étrange, cette symphonie : elle prend parfois des atours très classiques, dans sa composition générale, pour mieux surprendre en piquant des notes à Philip Glass, Mike Oldfield ou Ennio Morricone. Elle oscille entre une élégance mélancolique, où les cordes forgent des flux sonores dans lesquels viennent s'infiltrer la rythmique paisible d'un piano et des flûtes qui serpentent leur voie entre deux accords, et des envolées énergiques, où les percussions miment la puissance de l'animal-muse, où le piano esquisse une marche presque militaire, avant que le duduk ne revienne teinter de sa nostalgie ce passage puissant.
Il y a tant des emprunts au romantisme qu'au métal progressif et aux spécificités de composition des ost, dans ces mouvements complexes aux sonorités riches, surprenantes, qui semblent narrer, ou suggérer, en tout cas, l'épopée sombre et majestueuse de l'orque, les mouvements imprévisibles de l'océan et les sentiments contraires que ces deux entités savent inspirer à l'homme, leur semblable, leur frère.
Etrange et fort belle, ma foi. Et si je n'aurai pas la joie intense d'entendre, sur ce bel album, votre voix qui m'est si chère, je ne peux que vous remercier pour cette expérimentation qui ne fait que développer ma fascination pour votre esprit excentrique et talentueux.
Merci.
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