Cette phrase d'accroche, issue des paroles de Heavy Metal Lover (Aka l'un des meilleurs titres de l'album, mais nous y reviendrons plus tard), résume parfaitement ce que je pense de cet album. Mais remettons les choses dans leur contexte.
Nous sommes en 2011. Parmis les popstars féminines, la tendance va au commercial facile et relativement bas de gamme (Rihanna sortira par exemple Loud, puis nous chiera Talk That Talk quelques mois plus tard). GaGa, elle, sort d'une période faste : son premier album The Fame, auréolé d'une réédition en or, The Fame Monster, l'ayant propulsé au rang de reine de la Pop en seulement deux ans, s'apprète à sortir son deuxieme (ou troisieme, au choix) album, portant le doux nom de Born This Way.
En mettant entre parenthèse mon côté 'fan absolu', je me rappellerai toute ma vie de ces quelques mois avant la sortie de l'album, mais aussi de toute cette machine promotionnelle parfaitement bien huilée, dont on a de peu frôlé l'overdose (et LA, c'est le fan qui parle).De la performance du lead single aux Grammys, sûrement l'une de ses performances les plus iconiques, au leak du second single, Judas, le week end de Pâques (leak volontaire de la part de Gaga, voulant faire croire que l'un des membres de son équipe l'a trahi, comme Judas avait trahi Jésus... Eh ouais, du Grand Art !!), tous ces détails ne pouvait qu'allécher sa communauté de fans incessamment grandissante.
Mais venons-en au fait. Gaga se vantait de nous avoir pondu "l'album de la décennie" (phrase qui restera dans l'Histoire, et qui sera ironiquement ressorti lors de ses release suivants). Et bien je n'ai pas peur de dire qu'elle ne s'est clairement pas foutue de nous. Chaque chanson est un hymne hyper-travaillé. De la première à la dernière piste, des cloches de Marry The Night au saxo de The Edge Of Glory, l'album suit la ligne directrice du "gloire à soi-même" et du "be proud of who you are" sans nous laisser de temps mort (autrement dit, aucun ballade !).De Born This Way, aka le Like A Prayer de GaGa, à Marry The Night, 5e single (!) injustement boudé de cette galette, aucun titre ne dénote l'ensemble.
Autre point important : les meilleures pistes se cachent parmi les non-singles ! Bloody Mary, ballade fantômatique et religieuse qui nous laisse un goût de sang dans la bouche ; Government Hooker, véritable jeu de séduction entre la GaGa Putain et un chef d'Etat (Marilyn qui ? vous dites ?). Et Heavy Metal Lover. Parlons-en. Ce titre est le titre le plus couillu, le plus travaillé et le plus futuriste qu'il m'est - je pense - été donné d'entendre de ma vie. Avec cette chanson, GaGa fit en sorte que jamais, Ô grand jamais elle ne sortira de mon coeur.
En résumé, on peut dire que si The Fame + Monster éleva GaGa au rang de star commerciale, c'est véritablement avec Born This Way qu'elle eut atteint son apogée artistique (du moins, pour le moment). Et en plus de cette grosse quinzaine de nouvelles chansons, elle apporta des clips époustouflants, des performances iconiques, ainsi que la meilleure tournée de tout les temps, LE Born This Way Ball. Mais on va s'arrêter là, car je pourrais parler des heures de cet album, Bible musicale que j'écoute toujours très régulièrement et avec le même plaisir qu'au premier jour, de cette tournée, et de tous les souvenirs d'adolescence qui me vaudraient des larmes de bonheur et de nostalgie.
"Would you love me if I rule the world ?". Oui GaGa : tu gouvernes le Monde, et je t'aimerai à la vie à la mort. Assurément.