The Return Of The Lost Key
Mike Browning, fondateur du groupe et (pour mémoire) également membre fondateur de Morbid Angel et Incubus, est véritablement un modèle de persévérance. Malgré ses déboires avec ses anciens collègues...
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le 19 avr. 2024
Mike Browning, fondateur du groupe et (pour mémoire) également membre fondateur de Morbid Angel et Incubus, est véritablement un modèle de persévérance. Malgré ses déboires avec ses anciens collègues de Nocturnus, à cause desquels il a changé deux fois de nom de groupe pour jouer ses anciennes compos, il a fini par trouver un line-up stable ou presque, avec une bande vieux briscards : le bassiste Daniel Tucker, un des premiers membres d'Obituary, Demian Heftel, ancien gratteux chez Brutality et Astaroth (très vieux et obscur groupe de death floridien, dont les démos ont été compilées chez Vic Records cette année), William « Belial » Koblak, ancien guitariste chez Acheron et Incantation, et le claviériste Nocturnal remplacé depuis 2017 par un certain Josh Holdren.
Pour avoir vu tourner ce line-up (avec Nocturnal) et jouer les classiques de Nocturnus, je dois avouer qu'ils étaient plus que convaincants. Et pourtant, le riffing et les solos de la paire Mike Davis/Sean McNenney et les lignes de clavier virtuoses et avant-gardistes de Louis Panzer n'avaient rien de simple à interpréter, même par des musiciens chevronnés.
Pour parler de cet album, je ne vais pas épiloguer : aucun signe ne trompe, Paradox est bel et bien le successeur de The Key, sorti presque trente ans en arrière ; il aurait pu être intitulé simplement Return Of The Lost Key, comme le sixième morceau, et c'eut été complètement raccord.
Mike Browning a souhaité renouer avec son passé, non pas en refaisant un second The Key, mais en écrivant de nouveaux morceaux dans le même esprit que celui de l'époque et en continuant l'histoire et le concept développés sur son prédécesseur.
La ressemblance avec les compos de The Key est frappante, autant dans leur complexité que dans l'interprétation, le son (certes moderne mais très organique) ; l'illustration en couverture n'est pas l'oeuvre de Dan Seagrave, mais de l'Indonésien Bvllmetalart, mais le clin d'oeil est évident. Bref, tout a été fait pour que Paradox rappelle immanquablement le premier album de Nocturnus, un peu comme un pied-de-nez de Mike Browning à ses anciens complices, ces derniers ayant exprimé clairement des divergences d'opinion quant à l'orientation de Nocturnus.
Concernant l'accueil réservé à cet album et à son appréciation, il y a clairement deux camps : ceux qui diront que cet album n'apporte pas grand-chose de plus que son aîné et qu'on pourrait même qualifier d'anachronique tant il semble venir d'une autre époque ; les autres, fans de The Key et de sons old school, y trouveront une suite plus qu'honorable, interprétée avec brio par des zicos plus que compétents. Si je pense me situer dans la seconde catégorie, je n'irai tout de même pas crier au chef-d'oeuvre ici. Si The Key était un album avant-gardiste (à défaut de visionnaire) et progressif à l'époque, Paradox est juste cristallisé dans cette époque du début des années 90.
Il est tout de même difficile de résister au vu de la qualité intrinsèque de cet album : ses atmosphères prenantes, ses compos labyrinthiques et d'une profondeur insondable, la justesse de l'interprétation et l'hommage vibrant aux débuts du death progressif (et en général) que constitue cet album.
J'ignore ce que Mike Browning nous pondra par la suite, mais il m'est impossible de bouder mon plaisir pour Paradox.
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Créée
le 19 avr. 2024
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