Pendant le confinement de 2020, le producteur allemand Bryan Müller, aka Skee Mask, en a profité pour aiguiser ses productions en ne sortant pas moins de 2 EPs simultanément. Bien que ISS005 et ISS06 soient de belles synthèses d’ambient et de breakbeat, les 2 galettes sonnent un peu comme une regression par rapport à Compro (2018). Il leur manque ce petit quelque chose qui fait que Skee Mask est au dessus de la plupart de ses contemporains.
Les attentes autour de son prochain album sont de ce fait très élevées et Pool y répond, voir même les dépasse à certaines occasions.
Comme une réponse naturelle à une année de confinement, Pool semble être le résultat d’une énergie refoulée. Le LP mélange les genres et déborde de créativité. Skee Mask ne se limite pas seulement à passer en revu l’ensemble du spectre breakbeat mais il se balade également, et sans complexe, dans l’immensité de l’espace experimental.
Avec ses 18 morceaux et 1h45 de lecture, l’album n’est peut être pas aussi méticuleux que son prédécesseur, mais il faut bien cela pour permettre au producteur bavarois de partager l’étendu de sa vision.
Pool mélange l'étrange et l'élégant avec une attention remarquable aux détails. Les morceaux d’ouverture «Nvivo» et «LFO» créent une tension tranquille avec leurs lignes de basse fuyante. «Rdvnedud» et «Breathing Method» sont des tracks puissants aux rythmes cassés. «Ozone» et «Absence» sont, à l’inverse, des passages d’ambient émotifs alors qu’un morceau de breakbeat atmosphérique comme «DJ Camo Bro» représente parfaitement l’entre-deux. À cela s’ajoute des moments parsemés de surprises comme l'infusion occasionnelle de jazz et de funk sur «60681z» et «Harrison Ford».
Ce jeu constant entre le dur et le doux, le chaos et la finesse, est un thème central de l’album. Une juxtaposition qui offre une tension dynamique et irrésistible à Pool : Un paroxysme onirique.
Si vous n'avez que 3 morceaux à écouter : «CZ3000 Dub», «Collapse Casual» et «Harrison Ford».