L’été de mes 14-15 ans, c’était simple : je passais mes journées à ripper des CD de la médiathèque en .mp3. Juste parce que je voulais découvrir des trucs. Remplir mon disque dur de sons inconnus, élargir mes horizons. Au bout d'un moment, le responsable du rayon a compris que si je prenais entre 4 et 8 albums par jour. Il a fini par me préparer des sélections et, un jour au milieu de tout ça, je suis tombé sur Psyence Fiction d’UNKLE. Là, c’est le choc. J'ai rien compris. Sérieusement, rien. L’album est un bordel sans nom 100 % improbable avec du rock, du hip-hop et de l’électro le tout dans une atmosphère sombre et dérangeante. Ça te rentre dedans sans prévenir pour être une claque monumentale. À 15 piges, je n’étais pas prêt. Mais je le voulais, ce voyage.
Aujourd’hui, je le relance avec le même plaisir. La différence ? Maintenant, je capte des trucs. Je repère les détails, les sons planqués, les couches sonores que j’avais zappées. À l’époque, je me laissais submerger. Maintenant, je plonge volontairement. Et ça frappe toujours autant.
Psyence Fiction n'est pas un album pour tous. Il ne cherche pas à plaire. Il bouscule autant qu'il fascine pour qui se laisse prendre. C'est bien pour ça que j'y reviens. Parce que parfois, se prendre une bonne vieille gifle musicale, ça fait du bien.