Q.A.L.F : Qui Aime Like Follow, je cherche toujours la raison de ce titre mais tel la fin de cette première écoute, je reste confus.
Qalf a su se faire attendre, déjà présent dans la vision de Damso avant la sortie de Batterie Faible, le projet apparaissait comme une pièce maîtresse dans la discographie de Damso, une clef, une de plus, pour une carrière qu'il a décidé de construire à travers des arc narratifs, à travers un puzzle mystérieux. C'est pour cela que chaque album de Damso est un événement en soi, le silence, l'attente, les interrogations, les conspirations donnent une vie à l'album avant même sa sorti.
La première écoute fut déconcertante, étant fan de l'artiste, je m'étais tenu au courant des extraits, snippets, leaks, qui annonçaient l'album, et la couleur de QALF était définitivement Noire. On pensait tous retrouvé le Damso de Ipséité, hargneux, violent, rapide et décisif. Pourtant celui qu'on retrouve dans QALF c'est le Wiliam de Lithopédion. J'ai d'abord été très surpris de voir que la vibe de l'album était si triste. Bien que les morceaux soient diversifiés, on garde cette même atmosphère triste et remplie d'amertume tout le long de l'album. On voit un Dem's qui refuse presque de kicker et s'adonne à une introspection toujours aussi torturé autours de son thème de prédilection, le jeu des polarités, sombre/lumière, haine/amour, Vie/Mort. Jusque là aucun soucis, c'est ce qui m'avait séduit avec Lithopédion, retrouvé un artiste reprenant sa place d'humain en quête de sens. Sauf que dans QALF, ça manque cruellement de contenu, tout est survolé, beaucoup de remplissage, très peu de punchline, c'est comme si Damso jouant toujours avec les mêmes codes finissait par mordre sa propre queue.
Le thème récurrent de l'album, ici, est l'amour. à travers différent visages, mais principalement à travers l'amour qu'il porte à sa mère malade, et à son fils qu'il ne voit pas assez. Et je pense ces deux événements ont changé la trajectoire de l'ambiance de l'album, dans cette période, William se voyait mal revenir à son alter ego Damso, égocentrique, détaché de tout.
Cet album a tout l'air d'être un album de transition, et avec le dernier titre nommé Intro, cela appuie encore plus le fait que la suite sera d'une autre couleur, la batterie étant enfin rechargé. J'aimerai que ce soit la semaine prochaine, mais cela m'étonnerait beaucoup, car même si ce projet est beaucoup moins riche que les autres, n'empêche qu'il représente une étape dans sa discographie. Avec l'ambiance gospel, renaissance de l'intro/outro, mon hypothèse pour le prochain opus est qu'on retrouvera un Damso lumineux, énergétique qui beaucoup moins prise de tête, s'amusera pour lui même et pour son publique.
Sinon plus rapidement concernant le projet, malgré une identité musicale plus dilué et disparate, de nombreux morceaux restent des propositions musicales audacieuses, Deux Toiles de Mer, une ballade mélancolique surprenante, Sentimental avec son côté rétro tout en douceur, BXL Zoo, le banger de l'album accompagné d'Hamza (plus fort que Dem's il faut le souligner) juste super efficace et original, un album collab de ces 2 là fait rêver. Après cela mon trio de sons préférés : BPM a un côté lancinant, et hypnotisant que j'adore, j'y reviens très souvent. D'JA Roulé, putain je l'aime ce morceau, le flow est juste parfait pour cette prod, tellement accrocheur et entraînant, et enfin 911, son de lover avec une ambiance pop, année 80, le son pourrait presque être ringard si Damso ne chantait pas si justement, pari plus que réussi sur ce coup et fallait oser. Sans oublier Rose Marthe Love, peut être objectivement le meilleur son de l'album car tout y est le flow, l'écriture, la mélodie, le morceau a un thème tout le long, enfin voilà quoi c'est un vrai son.
On connaissait déjà INTRO, à la hauteur du talent de Damso qui derrière ce titre s'affiche comme une promesse d'un renouveau à venir, sous peu, ou pas, l'avenir nous le dira.
Pas facile d'avoir un avis sur QALF, c'est comme si il manquait volontairement quelque chose pour que le projet soit aussi imposant que les 2 précédents. Bien que déçu je ne vais pas cracher dans la soupe, le plus important c'est que Damso ose entreprendre des morceaux audacieux qui sillonnent entre hip hop et d'autres genres. L'écriture est en déca, la construction de l'album en tant qu'un seul même tout l'est aussi, mais soit, QALF est une transition reflétant la période que Damso a vécu, et sans être mauvaise langue, quand je vois les rappeurs à la mode ces temps ci qui copie colle leur même seul et unique recette sur chaque morceau avec quelques nuances, ça fait du bien d'être pris à contre pied avec une proposition musicale personnelle et un peu déconcertante.
C'était pas l'album de l'année mais ce n'est que partie remise.