Jazzy Bazz, une révélation du rap français de ses dernières années. Son projet est sortit il y a plus d'un an et ce putain de Jazz a réussis à nous balancer une tape gratuite, totalement déjantée et stupéfiante. Entre textes conscients et ego-trip, il nous a montrer de quoi il était capable en dehors de ces divers battles au Rap Contenders. Ce projet sombre a mis la barre très haute et nous a prouver que ce MC est la petite pépite du collectif L’Entourage, et qui sait, sûrement l’avenir du rap francophone. Décryptage.
Commençons par l'intro de l'album, un texte ego-trip baptiser « Ce putain de Jazz » qui sample le célèbre Carless Whisper de George Michael, c'est un petit bijou. Puis viens le morceau le plus populaire, celui qui est apparu sur le net, c’est bien entendu « 64 Mesures de Spleen », le titre fait référence à un état d’esprit popularisé par Charles Baudelaire, le « spleen » et d’après lui, c’est : « Un immense découragement, une sensation d'isolement insupportable, une peur perpétuelle d'un malheur vague, une défiance complète de mes forces, une absence totale de désirs, une impossibilité de trouver un amusement quelconque. » Jazzy Bazz nous montre déjà de quoi ce projet traitera, il annonce la couleur. Il fait un constat de sa vie, de son entourage, de la rue en faisant un portrait réaliste de la société moderne, le morceau sample « Keep It Real » de Milk-Bone sortit en 1995. On remarque ainsi un autre caractère de Jazzy : La nostalgie. Ce morceau est une véritable prose mélancolique sans refrain, qui se caractérise par une série de punchlines devenus mythiques : « Faire l’amour ça n’existe plus ! L’amour est mort dans un film de cul, bitch on te pisse dessus ! », Ou encore « J’veux un style de vie d’enculé, grosse haleine de clope. Faut que j’arrête de smoke, j’ai pas envie de partir en fumée. »
« J’ai vu des drames horribles, ça m’en a shooté le cœur
La vie : un bouquet de fleur, qui se fane trop vite
Faudrait faire tourner la roue, j’donne l’alerte
Pire, je sonne l’alarme, avant qu’elle ne coule sur ta joue
Ici on s’casse les dents pour pas grand-chose
J’vois la vie en rouge, car les flaques de sang sont rarement roses. »
Mention spéciale pour « Seul », selon moi le meilleur morceau de l'album, un titre qui montre Jazzy Bazz sous une facette triste et sombre à cause de sa solitude, cela peut rappeler un Kery James, mélancolique, dans « J’ai mal au cœur » dont la mélodie ressemble étrangement à celle de Jazzy Bazz soit dit en passant. Le sujet est un peu différent, mais l'idée de désolement est similaire, la tristesse du Jazz est mis le plus en valeur et quelques scratch de divers MC comme notamment Ol’ Dirty Bastard amplifient l'idée. Bien évidemment, on retrouve des collaborations avec ces coéquipiers de L’Entourage sur « La vie est un jeu » avec Deen Burbigo et dans « Perfect Match » avec Alpha Wann et Nekfeu. On y retrouve également Esso, la moitier du groupe Cool Connexion qu’il forme avec Jazzy Bazz sur le morceau « 3.14 Connexion ».
Pour conclure, je dirais que ce putain de Jazz nous a sortis une putain de tape, très bien produite et très descriptive. C’est globalement un projet très sombre, nostalgique avec une multitudes de sonorités de jazz. Le flow est bon, et surtout l’écriture est d'une qualité incroyable.
Lyrics : 5/5
Flow : 4,5/5
Beats : 4,5/5
Thèmes : 3/5
Construction : 3,5/5
Homogénéité : 4/5