C’est pas que c’est mauvais, mais c’est pas que c’est bon non plus. Et quand c’est pas bon, c’est que c’est mauvais. Et cet intro, hommage à la chanson française d’antan: Bien Avant. Une guitare acoustique, et une soprano qui fait sa pleureuse derrière. Ex fan des sixties, Benjamin ? Celui du monde révolu, du jeune Johnny, idole des jeunes, ou des excentricités de Polnareff, ou des mélodies à là, Le Forestier…Morceau avec le nec plus ultra, le crachotement rajouté pour que l’auditeur ait l’impression d’écouter un vieux vinyle craquelé. Même si t’écoute ça sur une platine numérique dernier cri, t’auras l’impression d’être en 1970. Les vieux vinyle-addict vont apprécier le clin d’œil. Je crois...
La chanson pop bien binaire reprend ses droits tout de suite après ça. Et c’est toujours une chanson intime, d’une histoire intime, d’un reproche intime :
(Comment as-tu pu) X 3 Douloureux Dedans, Douloureux Dedans, Douloureux Dedans. Et question arrangements, ça y va. Cordes et violons. Refrain mélancolique, chargé de sentiments fous. La Pop sucrée, bien faîte. Regarder La Lumière, avec sa ritournelle :
Regarder La Lumière Regarder La Lumière Regarder La Lumière.
Le fait qu’il s’évertue à parler au lieu de chanter, ça me fait l’effet de tout chanteur qui refuse de chanter, et qui s’évertue à raconter une histoire, au lieu de chanter réellement. J’ai envie de lui gueuler :
« Va faire du rap si tu peux. Si tu peux pas… Et bien, chante ! » Le genre de postulat facile: "Je ne chante pas, donc je chante, ça me gave au bout de deux chansons." Si c’est très bien fait ça va. Sinon, ça ne va pas. J’entends tout le temps la même chose, le même flow, et ça m’agace. Dans Ta Bouche, ça commence déjà à m’agacer. Avec un rythme aussi lourd, le manque d’expression se fait sentir ; ça sonne un peu raplapla. Bla bla. Le tube : Dans La Merco Benz, ne déroge pas à la règle. La mélodie est plus accrocheuse, et reste en tête, les chœurs sont suaves, et comme il parle d’une petite pétase, on ne peut pas éviter la référence ultime du sprechgesang à la française. J’ai nommé Serge Gainsbourg lui-même. La ressemblance est plus que frappante, évidente. J’ai essayé de jouer au naïf au début, faire comme si de rien n’était, mais bon, soyons sérieux. Benjamin chausse des bottes un peu trop grandes pour lui. La provocation, le mélange des genres, les petites mélodies accrocheuses, très pop, les arrangements savants, et le chanté-parlé, en français. Benji se prend pour Sergio. Et ce qui ne le sauvera pas, c’est le grain de folie, qui fait le génie de Sergio. Sans compter un talent d’écriture et de composition inférieur au sien. Sergio peut dormir en paix. Il a un fan de plus, qui n’est pas prêt de dépasser le maître du jeu.
Une accumulation de notes, de la matière, plein de couleurs qui disent quoi, ou qui cachent quoi ? Le manque d’impact des compos. Les mélodies se cherchent encore. Tous les éléments se superposent comme des taches de couleurs aquarelle, jusqu’à rendre les morceaux trop transparents. Et clavier, sur cordes, sur guitare. De la pop, sans réel rythme, donc chiante. Dans La chambre d’Ami, morceau qui flirte avec la nouvelle chanson (insignifiante) française, simple et sans enjeu, et ce, même si Benjamin lui-même ne se reconnaît pas dans cette école. À son corps défendant, mes oreilles me disent le contraire, il est plus que dedans. Á fond dedans. Bobo, petites histoires, pas de révolution, posture du blasé, etc. parlotte…
Qu’est-ce Que Ça Peut Faire. Il le dit lui-même. Le texte avec un peu de provoc, encore, un peu de poétique, peut-être, le riff, puis le rajout d’instruments…piano, guitare. Va au diable ! Il le dit lui-même. Je vois la même ficelle, utilisée à chaque chanson. Cactus Concorde. Le titre est marrant, mais le morceau me fait trop penser à Coldplay, donc je passe. Alors Trash, pas du tout. Yé Yé, encore moins. Plutôt crayon noir HB menthe à l’eau, comme la pochette.