Escape from Ghostface
Avec Ghostface, sous forme d'intégrale dans cette édition, Hyung Min-woo signe un manhwa avec des allures de comics américain, complexe et assez mature. Le scénario fait beaucoup penser à du Escape...
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le 28 déc. 2016
En ce mois de novembre le manhwa pointe un petit peu le bout de son nez en France avec la sortie de l'intégrale de Ghostface aux éditions Pika.
Séparer le bon grain de l’ivraie, mode d'emploi
Dans un futur proche, le problème de la criminalité a été réglé de manière radicale : pour être absous de leurs méfaits, les canailles de la pire espèce ont accepté de s’établir sur une île et de ne jamais la quitter. Bienvenue sur l’île de Shodo, 2200 km².
Coupés du reste du monde les criminels rassemblés vont d’abord s'entretuer. De là va naître un équilibre des forces : cinq grands clans se partagent le territoire et contribuent à une paix provisoire, instable. Des clans qui renvoient à différents univers : certains sont des motards, d'autres se trimballent en SUV ou voitures de sport ; on trouve des adeptes des arts martiaux, des armes à feu, des armes blanches, de la force brute…
Pour autant, certaines personnes décident de vivre en marge des clans. Tetsan notamment : doté d’une force surhumaine et d’un odorat surdéveloppé, il possède son propre territoire, réside dans un vaste immeuble en compagnie de quelques dames et d’un majordome. Bien malgré lui, il va se retrouver au cœur d’un événement qui marquera l’île.
Un grand bond en avant ?
La vie pas si tranquille des habitants de Shodo va être chamboulée lorsqu’une personne va quitter l’île pour se rendre dans la Cité – sorte de ville aux milles lumières, contraste absolu par rapport à Shodo – et voler un produit pharmaceutique appartenant à une puissante entreprise : Kuriger Haim. En violant la « loi sacrée » de Shodo, cette personne devient un Ghostface et s’expose à une mort certaine : non seulement les résidents de Shodo vont le rechercher mais Kuriger Haim va aussi dépêcher sur l’île une équipe d’intervention pour récupérer le produit volé qui n’est pas supposé exister.
L'équipe se fait néanmoins massacrer par le Ghostface et Tetsan récupère la seule survivante : Naomi, une jeune femme qui a su grimper l'échelle sociale pour occuper un poste de premier plan chez Kuriger Haim. De manière assez surprenante, elle suscite beaucoup de convoitises parmi les puissants de l’île. Comme si le Ghostface devenait secondaire dans leurs préoccupations…
Darker than black
Naviguant entre le présent et le passé plus ou moins lointain, entre mythes et réalité, Ghostface nous offre un univers sombre, violent, musclé. Au fil des pages une intrigue se déroule où les évidences du départ sont peu à peu remises en question, où les différences entre Shodo et la Cité vont peu à peu se brouiller.
Ce caractère sombre se trouve dans le décor de désolation de Shodo, véritable environnement post-apocalyptique où l’on reconnaîtra ici et là des vestiges du monde passé. La noirceur se traduit également dans les pages noires, sur lesquelles les dessins en couleurs de l’auteur viennent se poser (le papier utilisé est un peu fin si bien que, sur certaines pages on peut voir les couleurs du verso par transparence).
Côté dessin, Hyung Min-Woo nous offre son lot de personnages badass et des cases qui retranscrivent la rapidité des affrontements : posture, coups, résultats, déplacements des personnages. Les combats sont brefs la plupart du temps et on enchaîne rapidement avec la suite de l’intrigue. La présence de la couleur est appréciable et donne une certaine chaleur au titre.
Pour Shodo
En finissant ce manhwa on ne peut s’empêcher de voir un petit air de famille entre cette série et deux autres œuvres du catalogue des éditions Pika : Area D et Burning Hell.
Avec une fin ouverte, Ghostface laisse au lecteur le choix concernant le devenir de l’intrigue et son ultime conclusion. Avant d’y arriver nous avons droit à un récit qui introduit peu à peu les personnages centraux et les principaux éléments à connaître, si bien que nous ne nous perdons pas en cours de route. De quoi en redemander ?
Version Ghostface de cet avis par ici.
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Créée
le 23 nov. 2016
Critique lue 768 fois
2 j'aime
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