Tetsuho Nihei pousse à l'excès son abandon du noir au profit d'un blanc quasi-éthéré pour illustrer un monde gelé en perdition. C'est du Blame en négatif ! Les concepts habituels sont là (la mégastructure, la puissance de l'arme à feu, les populations éparses tentant de survivre dans une ère techno-post-apocalyptique) avec une approche plus heroic fantasy où des chevaliers en armures bizzaroïdes s'affrontent au nom d'un roi/empereur aux ambitions planétaires. Le scénario se veut moins crypto-hermétique qu'à l'accoutumée, avec un récit plutôt fluide (enfin, ça reste du Nihei, hein) bien qu'un peu précipité dans sa conclusion. La grande force de cet auteur demeure cet inimitable rendu d'immensité, tant l'exploration de la surface comme celle des méandres de milliers de Km de galeries souterraines regorgent de découvertes ; à quand un jeu-vidéo en monde ouvert dans l'univers du mangaka ?