Des éditions Atlas à Jurassic Park une idée s’était formée dans mon esprit : je rêvais d’avoir un dinosaure qui pourrait m’emmener à l’école. Comme ce n’était pas possible, je reportais cet intérêt sur les dessins, la construction de dinos en Lego… Alors si des mangas parlent de dinosaures vous imaginez bien que je ne passerai pas à côté.
Blue World est la suite de Blue Hole. En quelques mots : il existe des « trous » au fond de certains océans qui permettent de voyager dans le temps et de se retrouver à l’époque des dinosaures. Une perspective qui intéresse tant les mondes scientifique qu’industriel.
Comme vous pouvez vous en douter, une telle expédition se passe rarement sans accro, même si des militaires accompagnent. C’est ce qui va arriver au groupe hétéroclite que nous suivons dans Blue World. Un groupe marqué par la présence d’un prof d’université (Sean Connery en manga), de sa petite fille très intelligente (bien sûr), de Jean Hart (une militaire) qui est la pierre angulaire de la série et en tant que telle mise en avant sur chaque couverture de tome.
Un récit de survie et l’affirmation de soi à l’époque des dinosaures c’est prometteur ? Oui, mais même si les dinos ne ressemblent sans doute pas à ce qu’ils étaient en réalité, Blue World souffre à mes yeux de trois limites. La première est un récit assez convenu, dont on devine les grandes lignes très rapidement. La seconde est un intérêt limité pour les humains du récit. Leurs différends et positions sont très claires mais rien de transcendant pour autant. Les dinosaures sont bien plus intéressants mais ne sont finalement guère mis en avant, ils sont là mais on les voit sans les voir. Enfin on a droit, sur la fin, à une romance qui n’était vraiment pas essentielle ni justifiée.
Blue World a donc ce goût d’inachevé que n’avait pas Blue Hole quand bien même Aurélien Estager livre ici aussi une traduction sans fausse note. On quitte donc ce monde perdu en espérant y retourner un jour, pour un résultat différent.