[Warning Spoils Inside]
Créé spécialement en 1976 pour la branche de Marvel au Royaume-Uni, et sorte de rejeton five o'clock de Captain America et de Batman, Captain Britain est un héros assez méconnu mais loin d'être négligeable surtout si, comme ici, ses aventures nous sont narrées par monsieur Alan Moore à son meilleur qui reprit le personnage en 1982.
La particularité de Marvel UK était de publier non pas un épisode d'un vingtaine de pages par mois comme cela se pratique aux US, mais de huit pages par semaine, obligeant ainsi les scénaristes à écrire des histoires plus resserrées qu'un string d'expresso (je me comprends). Et que fait Alan Moore ? Plutôt que de tenter d'écrire sur la longueur et de conclure chacune des huit pages sur un cliffhanger forcé, il embrasse pleinement la notion d'histoire bordélique yolo et nous livre une œuvre foisonnante, baroque, nerveuse et puissante, essaimant mille et une idées par page.
Dès le premier épisode, Moore détruit purement et simplement tout ce qu'avait mis en place son prédécesseur, Chris Claremont, tue le héros éponyme et se lance dans un feuilleton endiablé qu'il avoue avoir peine à comprendre lui-même dans sa préface de 2001.
Il sera question d'univers parallèle, de démiurges cosmiques, de Merlin, de la fin du monde (deux fois), d'une créature inarrêtable et de politique, tout cela dessiné par Alan Davis à son meilleur, loué soit-il d'ailleurs de rendre clair et lisible ce boxon scénaristique.
Un incontournable !!!!!!!!!!!!!
(Beaucoup de points d'exclamations sont gages d'enthousiasme)