Faisant partie de mes éditeurs préférés, j’ai tout de suite été attiré par la nouvelle BD des Rue de sèvres, FRONTIER. Dans un monde où les corporations ont pris possession de l’espace, comment le destin de trois individus va se retrouver bouleversé à tout jamais ? C’est-ce que nous propose de découvrir Guillaume Singellin dans Frontier. Nous suivons Alex, Ji-soo et Camina dans une quête de sens qui va les amener à découvrir des stations spatiales rongées par le capitalisme, des pirates de l’espace, des planètes luxuriantes et San Goku.
Ne dérogeant pas aux aspirations du label 619, Frontier, en plus d’être graphiquement magnifique et adorable, traite de thématiques chères à la science-fiction : écologie, sauvegarde des espèces, l’over-exploitation de ressources, le capitalisme… le tout avec une intelligence assez remarquable. On est embarqué dans cet univers et on y croit à 100%. L’amour du détail de Guillaume Singellin est impressionnant ! Il vient ainsi détailler son univers en apportant des connaissances scientifiques, à première vue banales, mais qui font sens dans son univers. Je pense notamment à la différence biologique entre Alex et Ji-Soo, l’un natif d’une station spatiale et l’autre ayant vécue sur terre. Je pense également à l’ingénierie et la conception derrière les vaisseaux et stations spatiales qui sont tout bonnement graphiquement jouissifs.
Comme évoqué précédemment, la BD de Singelin fait preuve d’une direction artistique mignonne et détaillée. Alliant couleurs, contraste et univers graphiques inspirés et inspirants, ces personnages « aux proportions particulières » ne font qu’un avec leur univers (mention spéciale à Goku !). De plus, le bédéaste n’oublie pas d’inclure la dure réalité du sanglant dans sa palette de couleurs. Malgré un univers très « enfantin », le sang n’oublie pas de couler à flot lors d’affrontements armés.
Bref j’ai beaucoup aimé me plonger dans cet univers et suivre les aventures d’Alex, Ji-Soo, Camina et Goku. Les thématiques abordées sont traitées avec justesse et on s’attache énormément à nos quatre protagonistes. Cependant, je garde une réserve quant à la sensation post-lecture. Je reste sur ma fin par rapport à mes lectures de Carbone et Silicium ou Shangri-la de Mathieu Bablet qui sont pour moi des chef-d ’œuvres de la science-fiction « moderne » (en BD). "VRY IN LEWE EN DOOD"