La raison qui m'a certainement poussé à acheter cette BD est liée à l'éblouissement visuel que j'ai eu en ouvrant le livre et n'est pas due, en tout cas de prime abord, à l’hommage au Le roman de Renart, que je ne connaissais pas vraiment.
En effet, les dessins sont somptueux, mais particulier, ils ne plairont peut-être pas à tout le monde. Ceci dit, nous ne sommes pas en territoire inconnu, il s'agit d'une bande-dessinés de Joann Sfar, dessinateur au style si particulier.
Vis à vis de l'oeuvre littéraire dont Sfar s'est inspiré, ne vous laissez pas impressionner par les 4, 5 premières pages un peu verbeuses, elles ne sont là qu'en guise d’introduction. La suite du livre reste du Sfar assez classique, faites d'aventures délirantes et de dialogues simples, à la Donjon.
On retrouve ici plein d'éléments qui seront familiers aux fans du dessinateur. Par exemple, les cases sont dessinées maladroitement à la main (plutôt que parfaitement rectangulaire) et les dessins sont à la fois fournis en détails (notamment tous les "petits traits noires" pour les ombres, les poils, une de ses caractéristiques de dessin...) et en même temps semble être issu d'un premier jet, d'un premier essai. Le dessinateur va ici même accentuer certaines de ses marques de fabrique.
En effet, il adopte une forme de naïveté dans son trait, de fausse non-maitrise. Ainsi les proportions ne sont volontairement pas toujours respectées, deux personnages peuvent sembler faire la même taille sur une case pour ensuite donner l'impression qu'un des deux est bien plus grand sur la case d'après, ou encore on peut noter que les bâtiments semblent souvent sur le point de s'écrouler...
Mais qu'on ne s'y trompe pas, Sfar maitrise complètement son art, et en accentuant certaines de ses caractérisques de dessin, il apporte une touche de naïveté, de candeur, qui se marie à la perfection avec un récit inspiré d'une oeuvre datant du 11ème siècle.