Oppressante noirceur
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le 14 avr. 2019
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Bienvenue dans Le Patient, où chaque page est une chambre d’hôpital où la tension vous attend, cachée derrière le rideau de confidentialité. Timothé Le Boucher, armé de son scalpel narratif, dissèque un thriller psychologique qui mêle traumatisme, mystère et dialogues qui résonnent comme des bip-bip de moniteurs cardiaques.
L’histoire, centrée sur Pierre, le dernier survivant d’un massacre familial, ressemble à une série Netflix condensée en bande dessinée : intrigante, captivante, mais parfois un peu trop consciente de son propre suspense. On alterne entre interrogatoires cliniques et plongées dans les souvenirs troubles, avec cette impression que l’auteur a voulu nous laisser dans le brouillard jusqu’à la dernière minute. Résultat : on vacille entre admiration pour les twists bien huilés et frustration de jouer à cache-cache avec les réponses.
Côté visuel, c’est une chirurgie graphique impeccable. Le trait clair et les cases bien découpées sont presque chirurgicaux dans leur précision. Les personnages, aux regards souvent aussi lourds que leur passé, sont un mélange de fragilité et de tension palpable. Le Boucher maîtrise l’art de l’ambiance oppressante, entre les corridors aseptisés et les flashbacks où l’horreur s’invite sans prévenir.
Le hic ? Parfois, l’intrigue s’étire comme un élastique prêt à claquer. Les moments de révélation arrivent avec un goût de "tout ça pour ça ?", tandis que certaines zones d’ombre, laissées volontairement floues, donnent envie de secouer les personnages pour leur faire cracher le morceau. On sort de là un peu frustré, comme après avoir écouté un secret interrompu au meilleur moment.
Au final, Le Patient est une expérience prenante, avec des hauts et des bas, mais toujours une atmosphère qui vous garde sous tension. Si vous aimez les thrillers qui vous laissent plus de questions que de réponses, vous serez servi. Sinon, vous pourriez vous retrouver à marmonner "et alors ?" en refermant le livre. Mais au moins, le voyage aura été fascinant, même si la destination reste un peu floue.
Créée
le 27 janv. 2025
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