Toujours très partagé sur cet album. D'un coté, on ne peut pas reprocher la radicalité de ses choix, sa propension à vouloir aller plus loin que les précédents en multipliant les personnages, les hallucinations, les ruptures de ton, les situations et les conversations érudites dans la mesure où c'est aassumé voire pointé du doigt par les personnages eux-mêmes.
Mû prend des allures d'oeuvre testamentaire et, tel le garçon et le héron de Myazaki, très assidu celui qui saura démêler le mille-feuille d'influences et d'autocitation.
D'autre part, les mauvaises langues pourraient parler d'auteur en roue libre, et c'est un peu le cas bien que cela paraisse volontaire.
Le ton semble aussi encore plus désabusé que dans les autres albums (si c'est possible). Les personnages èrent sans aspiration autre que la quête illusoire de vivre un rêve impossible. Les alliances se font puis se défont au gré des envies et surtout des circonstances. Pratt reste malgré tout attaché aux causes qu'il a toujours défendu: les noirs, les femmes, la liberté, l'évasion.
Cela étant,tout cela semble vain en définitif.
Au fond, l'album est ce qu'il promet: un dernier tour de piste pour le Marin à l'oreille percée. Une dernière flanerie.Un conte de fée pour les grands enfants.