Petite forêt ? Une sacrée bonne surprise ! Pourtant au départ j’étais un peu mi-figue mi-raisin : le sommaire dévoilant des chapitres courts, ayant pour titre des recettes me faisait un peu peur. Je craignais de m’ennuyer, de lire des recettes qui se suivent, de n’avoir rien de plus à lire, à me mettre sous la dent si j’ose dire.
Et pourtant, chapitre après chapitre je me suis pris au jeu. Surtout, les recettes ne tombent pas du ciel mais proviennent des activités de l’héroïne. Il y a donc tout un petit « lore » autour de chaque réalisation culinaire, des recettes sont même ajoutées en fin de chapitre… Finalement les recettes - et les plats ou boissons qui en découlent - apparaissent comme un prétexte pour nous raconter l’histoire de l’héroïne, Ichiko, revenue dans son village natal.
Et c’est par petites touches que l’on en apprend plus sur elle, son passé et son présent. Si le récit offre une certaine linéarité et que l’on suit les saisons, le fait de se situer dans un petit village, isolé, centre le récit sur quelques lieux et occasionnera sans doute des sourires aux personnes qui ont pu vivre « à la campagne » ou qui y vivent encore. La présence de photos (même si pas très bien rendues par l’impression) renforce l’immersion et on finit presque par se penser en immersion avec le personnage, comme un·e anthropologue observant ce qui se passe sous ses yeux, loin de la « modernité urbaine ».
De dialogues en travaux à l’extérieur, Petite forêt et ses trop rares pages en couleurs à mon goût, nous offre une respiration bienvenue. Comme si le temps s’écoulait plus lentement et que nous étions dans une faille temporelle dont il est difficile de sortir. Daisuke Igarashi est décidément un auteur qui n’a pas peur de se frotter au récit contemplatif sans ennuyer le lecteur. À lire et à relire mais en n’ayant pas l’estomac vide !
La note : plat du chef /20