Les péchés capitaux… et quelques erreurs pardonnables

Seven Deadly Sins, c’est un peu comme une grande fête médiévale où tout le monde arrive en armure clinquante, prêt à en découdre… sauf que parfois, la bière coule un peu trop et les discours deviennent brouillons. Nakaba Suzuki livre une épopée shônen ambitieuse et pleine de promesses, mais qui trébuche parfois sous le poids de ses propres ambitions.


L’histoire suit les Seven Deadly Sins, un groupe de chevaliers déchus qui se reforme pour sauver le royaume de Liones. Sur le papier, ça sonne comme une épopée épique, et dans les premières pages, c’est exactement ce que ça semble être. Mais rapidement, on se rend compte que le manga oscille entre un univers fantasy soigné et des codes shônen hyper classiques : combats explosifs, révélations dramatiques, et un zeste d’humour potache (parfois un peu trop appuyé).


Visuellement, Suzuki fait du bon boulot. Les designs des personnages sont variés et mémorables, même si certains tombent dans le cliché (coucou, Meliodas le héros minuscule mais ultra badass). Les décors, qu’ils soient des châteaux majestueux ou des plaines désolées, sont joliment détaillés, et les scènes d’action, dynamiques, ont ce côté "wow" qu’on attend d’un bon shônen. Cependant, les combats ont tendance à s’étirer un peu trop, avec des surenchères de pouvoirs qui frôlent parfois le ridicule.


L’intrigue, quant à elle, est un véritable tour de montagnes russes. Les arcs narratifs démarrent souvent sur les chapeaux de roue, avec des enjeux intrigants et des antagonistes charismatiques, mais finissent par s’effilocher sous une avalanche de rebondissements et de twists parfois prévisibles. Les relations entre les personnages, notamment le duo Meliodas/Elizabeth, apportent de la chaleur, mais peuvent paraître répétitives pour les lecteurs en quête de subtilité.


Le plus gros péché de Seven Deadly Sins, c’est peut-être son ton parfois inégal. Le mélange entre comédie légère et drame épique fonctionne à certains moments, mais tombe à plat à d’autres. Et si les héros sont attachants, certains personnages secondaires peinent à sortir de leur rôle d’ornement narratif.


Cela dit, Seven Deadly Sins reste un shônen efficace, surtout pour ceux qui aiment l’action, les univers fantasy, et les batailles spectaculaires. Malgré ses défauts, le manga parvient à maintenir un certain charme, porté par des héros imparfaits mais attachants.


En résumé : Seven Deadly Sins est une aventure shônen classique et divertissante, où les péchés capitaux se battent avec style… mais où le scénario pèche parfois par excès de zèle. Une lecture plaisante pour les amateurs d’action fantasy, à condition de ne pas trop en attendre en termes de profondeur ou d’originalité.

CinephageAiguise
7

Créée

le 22 nov. 2024

Critique lue 3 fois

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