Parle de ce que tu connais ? Munuera et Morvan sont fans du Japon et des mangas. On l'avait compris dès leur premier album de la série. Celui-ci marque clairement leur intention au niveau du design, du look et même de la manière de travailler (depuis le début ils engagent des assistants comme le font les mangakas). Situer un Spirou dans un tel contexte est louable surtout qu'ils évitent l'anachronisme (avec des mauvaises idées, certes).
En fait, je trouve que le duo est très courageux. Surtout après le bide de "Machine qui rêve", oser se lancer dans quelque chose d'aussi opposé à l'esprit Spirou initial, c'est très fort ! Donc ce Spirou au Japon (partie 2) présente de l'intérêt même si on retrouve encore les éléments qui nous font détester les albums réalisés par Morvan et Munuera.
Le scénario n'est pas trop mal ficelé, mais les scènes d'action sont un peu ridicules dans le sens où nos deux héros sont devenus de parfaits judokas (il est vrai qu'ils avaient subi un entraînement sérieux lors d'une courte histoire, mais de là à en faire de tels maîtres). Graphiquement, les deux compères retentent de se montrer épique comme c'était le cas pour "Paris-sous-Seine" et échoue à nouveau à rendre un découpage clair. Entre plans qui ne servent à rien (quel intérêt de ravoir les 62 planches comme avant?) et action mal montrée et donc illisible, difficile de se prendre au jeu de cette histoire.
Bref, une histoire honorante pour la tentative, moins pour le résultat.