Histoire vraies, esclavage, lute entre le sud et le nord, traite des noirs... voilà, vous dressez là le pitch d'une bête de festival, ce que le film a été. Sauf que souvent, en tout cas de mon point de vue, les bêtes de festival ne font pas forcement des bons films. Et là, j'avais un peu appréhension, il y avait un grave danger de patos. Si on y échappe pas toujours, Steve McQueen fait l'effort de nous montrer toute l'horreur de cette période américaine sans juger, les blancs ne sont pas tous méchants, les noirs pas tous gentils, tous pour la plupart victime d'un système ou tout simplement un peu barré.
Il y a des choses que je ne comprends pas dans les choix de McQueen dans ce film (je n'ai pas vu ses autres réalisations). Si le rythme du film est plutot fluide, quelque fois il cale complétement, nous laissant sur un plan "contemplatif" (c'est pas une qualité pour moi... enfin souvent pas une qualité). Je prends exemple ce plan, vers la fin du film (pas d'inquiétude, il n'y a pas de spoiler), ou on reste bloqué pendant un peu plus d'une minute sur le visage du personnage qui regarde l'horizon. Bon, on a bien compris le message, il regarde le monde, sa liberté perdu, blablabla... mais pourquoi si long, on avait bien pigé au bout de 15s. Alors oui, le plan est beau, l'acteur est super crédible, mais ça ne sert pas l'histoire. Heureusement, ce genre de passage ne sont que rare dans le film. Pour le reste, à part que le film est un peu long, en partie du à ce travers dont je parle un peu plus haut, le film est bon.
Même si à mon avis il ne mérite pas autant d'éloge qu'il en a réçu, "12 years a slave" est un bon film.