4h44, pas une minute de moins, pas une minute de plus, c'est à cette heure précise que le monde verra sa fin. Là où certains gros studios se la joueraient film catastrophe bourré d'effets spéciaux, l’atypique Abel Ferrara sans doute inspiré de la soi-disante fin du monde de 2012 misera plutôt sur l'intimisme et le huis clos.
Nul ne sait précisément d'où vient l'avertissement mais le monde entier est prévenu, dans quelques heures à peine, tout s'arrête, que vous soyez riche ou pauvre, bon ou mauvais, c'est la fin de tout. Aucune réelles explications sur cet événement, il semblerait que ce soit à cause de ce que les humains ont fait subirent à la nature pendant tout ce temps, une juste vengeance en définitive.
Sous cette superbe photographie granuleuse et magnifiquement contrastée se glissent deux personnages, Cisco, acteur, et sa jeune compagne Skye, peintre, ils sont là, la télévision allumée, l'ordinateur à porté de mains pour discuter via skype avec les amis ou la famille, ils attendent sans pouvoir faire autre chose, sans espérances face à l'inéluctable.
Car Abel ne cherche à aucun moment de nous faire croire que ça pourrait finir autrement, non, même Cisco est sur que ça va arriver, le but n'est pas de créer un quelconque suspense, mais de nous montrer ce qu'un couple peut vivre durant ces derniers instants, que peuvent-ils faire ? que peuvent-ils éprouver ? que peuvent-ils se raconter ? A quoi peuvent-ils penser ? puisqu'il n'y aura plus rien dans quelques heures.
C'est avec amour et émotions que se déroule le dernier voyage, accompagné d'une bande son génialissime, ce n'est pas la première fois que je remarque une bande son qui envoie chez Ferrara d'ailleurs.
Moi qui adore les films sur la fin du monde ou tout simplement sur les événements catastrophiques vis à vis du monde, j'ai trouvé ici une petite perle, je n'irai peut être pas jusqu'à parler de chef d'oeuvre ou bien de claque, mais j'ai passé un très bon et beau moment devant ce film qui traînait dans mes envies depuis un petit temps maintenant.
Pour nous emmener jusque dans l'au delà, s'il y'en a une, c'est sur les épaules de son fidèle ami Willem Dafoe qu'il fera s’abattre ce sort tragique. Acteur que j'aime beaucoup et qui une fois encore transpire la sincérité, la confrontation en plan séquence avec sa femme via skype ou encore sa réaction quand un voisin se jette de son balcon, bluffant. Il est parfaitement accompagné par une assez peu connue shanyn leigh.
En bref, un message au monde, un message sur l'amour, un message sur la vie, superbement mis en scène, la réalisation d'Abel a une fois encore la bougeotte mais ça ne gêne pas car les plans sont vraiment beaux, alors qu'on est quasiment que face à des murs ou des visages, mais faut dire que la sublime photographie aide.
La vie n'est qu'un serpent qui se mord la queue...