An American Crime, c'est la première - ou deuxième selon l'ordre de sortie - adaptation de cette histoire malsaine qui a secoué la ville d'Indianapolis en 1965 : l'affaire de la séquestration et torture de la jeune Sylvia Likens par sa "nourrice" Gertrude Baniszewski, ses enfants, et même ceux du voisinage. The Girl Next Door traitait déjà du sujet, et même si sa retranscription était plus lâche dans les noms et les faits, elle était également plus fidèle. Dans celui-là, on a l’impression que le réalisateur hésite entre docu-fiction et interprétation purement cinématographique. Le film est raconté par l'intermédiaire de la reconstitution du procès de Gertrude, mais il y a une scène en particulier qui casse ce parti pris. Pareillement, la violence de l'histoire reste très mesurée, même si l'on a aucun mal à s'imaginer l'horreur vécue par cette ado. Le plus alarmant étant sans doute l'implication d'autant de personnes, et l'inaction d'autant d'autres. Au final, ce long-métrage ferait presque passer cette affaire pour un fait divers banal, alors qu'il s'agit d'un drame d'une rare cruauté.