Même comme ça, pour SC, c'est loin d'être évident d'écrire à chaud sur ce film... 21 grammes et Babel ne m'ont pas autant frappé que Amours Chiennes, peut-être parce que c'est le premier des trois ?
C'est dramatique d'humanité. La construction narrative, désordonnée, emprunte à l'onirisme mais ne nous y trompons pas. Inaritu n'explique pas la réalité. Il la peint. Avec ses couleurs, son rythme et son cadre, merveilleusement habités par des acteurs tout à leurs places.
On parle d'amour(s). De trois histoires, dont on se détache facilement car l'essentiel de sa dramaturgie n'est pas là. Les relations affectives de ses personnages sont au second plan d'une étude, humaine et visuelle. Ce n'est pas niais, ce n'est pas mièvre, et surtout, on n'est jamais gagné par la pitié. C'est violent, sanglant, effrayant.
Le film n'appelle pourtant ni le dégoût ni les larmes. Il a su se placer à la bonne hauteur de son propos. Un dosage astucieux, surtout quand on imagine la complexité du montage - pour ne rien dire des raccords, pourtant maîtrisés avec une finesse incroyable.
Que reprocher ? Le manque de respiration, peut-être. Les inserts qui découpent son triptyque sont loin de remplir un tel rôle, et les 2h30 si ils filent sans ennui enchaînent la tragédie au risque d'en faire sombrer quelques-uns. Il est clair qu'on ne rit pas devant Amours Chiennes, pas plus qu'on espère. C'est bien ce qui risque de manquer au spectateur - et, globalement, ça vaut aussi pour les deux films jumeaux : de l'air.
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