Pourrait-on imaginer que Mr. Bean puisse nous éveiller à l’art ? Une séquence admirable du film Bean (1997) va nous permettre de saisir toute la richesse du personnage que Rowan Atkinson n’a cessé de décliner avec inventivité. Mr. Bean ne doit en effet nullement être réduit à un grand dadet maladroit. Avec ses mots, et un peu malgré lui sans que cela ne soit un hasard, Bean va réussir à dire quelque chose de fort sur l’origine et le sens possible de la pratique du portrait en peinture. Il parvient à nous en dévoiler une des vérités. Cela est rendu possible uniquement par le fait que Bean possède plusieurs facettes complexes, et une grande intelligence, qui sont comme régies par des sonars actifs simultanément pour permettre à tout son être (et le comique qui en découle) de s’adapter aux conditions du milieu dans lequel il se trouve. Cette séquence illustre à merveille cette imbrication, si importante chez Rowan Atkinson, du comique et de l’intelligence.
Bean, « le pire employé que le National Gallery n’ait jamais connu », est envoyé en Amérique en tant qu’expert pour accompagner le présentation du célèbre tableau de James Whistler, La Mère de Whistler. Dans la scène qui nous intéresse, notre imposteur doit faire un speech lors du vernissage et se retrouve alors devant un parterre de gens importants et de spécialistes. On s’attend alors à ce que la frénésie comique du film atteigne son apogée après que Bean ait remplacé l’orignal du tableau, qu’il a lui-même détruit, par une copie qu’il a soigneusement confectionnée à partir d’une reproduction. Or, c’est tout le contraire qui va se produire.
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