Quel étrange docu-fiction que cet hilarant Becoming Bond qui s'achève sur un émouvant Becoming oneself!
Lazenby, George Lazenby, le James Bond d'un seul film, le James Bond qui met genou à terre mais qui ne se soumet jamais, le James Bond authentique, le James Bond à barbe, le James Bond qui a dit non à James Bond, le James Bond qui parle directement au spectateur en brisant le 4e mur !
Un bel hommage vivant, porté par George Lazenby himself pourtant tout en modestie, sagesse et auto-dérision, qui a le mérite de nous replonger dans les années soixante avec d'autant plus de sincérité qu'il nous y plonge avec un témoin de ce temps. C'est comme avoir une discussion entre amis un soir d'été ou une veillée d'hiver avec une star qui ne l'a jamais été, ou alors pour une page très spéciale de son existence.
Soutenu par deux James Bond Girls: la Diana Rigg d'archives en caméo et Jane Seymour (Vivre et Laisser Mourir) dans le rôle de celle qui lui a permis de devenir James Bond, George Lazenby retrace son histoire, qui alterne moments fous, moments flous, rires, larmes, émotions. Pour achever sur un admirable conseil final au spectateur: il ne parlait pas de lui, il ne parlait pas de Bond, il parlait de nous.
Les gens ont du mal à comprendre que vivre comme on l'entend, en étant soi-même, est beaucoup plus enrichissant. La meilleure chose que vous puissiez faire, c'est vous connaître vous-même. De s'écouter, d'être soi-même. Je ne suis peut-être pas génial mais je suis authentique. Je suis fier de ma vie. À bien y réfléchir, j'ai eu beaucoup de chance pour quelqu'un qui devait mourir à l'âge de 12 ans. Aujourd'hui, j'ai 76 ans et j'ai fait tout ce que je voulais et même plus que ce à quoi je m'attendais. Je suis heureux d'avoir été mécanicien, vendeur de voiture, mannequin, heureux d'avoir été James Bond, heureux d'avoir une femme et des enfants. Et tout cela a été merveilleux ! Je ne voudrais rien changer ... si ce n'est souhaiter plus de jolies filles, mais peu importe ! (...) Je voudrais [que les gens] sachent que, dans la vie, tout n'est pas écrit et que nous écrivons notre propre histoire.
Ce My Way de George Lazenby rappelle le sentiment que pourvoyaient les mémoires des grands hommes dans les temps passés: ce n'est pas un biopic mégalo au moi haïssable quoique honnête, c'est une leçon de vie par quelqu'un qui, bien malgré lui, a fait de sa vie l'équivalent d'un roman.
- Journaliste: Je fais une pause. Dans tout ça, qu'est-ce qui est vrai ?
- George Lazenby: Quelle partie ?
- Journaliste: Dans tout ça.
- George Lazenby: Comment m'en souviendrais-je si ce n'était pas vrai ?