Berlin Calling n'est pas le portrait de la vie underground berlinoise comme on l'entend souvent. Berlin Calling dépeint cette réalité du monde du Djing et de la musique électronique en general.
Parce que ce qui s'y déroule n'est pas reservé qu'à Paul Ka. Cette histoire c'est l'histoire de beaucoup de DJ, de beaucoup de clubbers, de beaucoup de gens...

Ceux qui font ou ont fait partis du monde de la nuit, les soirées électroniques que ce soit en boite ou dans les bois savent de quoi je parle, la défonce est partie integrante de la musique Techno !
Laurent Garnier en parle de long en large dans son autobiographie et ses débuts à l'Hacienda (1987), Willyman aurait sans doute pu le faire aussi, Manu le Malin, Jeff Mills, Mad Mike, Derrick May...
A tel point en fin de compte que des services psychiatriques ont été ouverts spécialement pour les fêtards qui ont du mal à redescendre. Les cas isolés sont finalement devenus des banalités.

Berlin Calling cherche donc à mettre en exergue un milieu pas si underground que ça, où la surconsommation en tout genre est devenue monnaie courante impliquant les fameux petages de plomb et la toxicomanie.
Ce "style de vie" qui tire un certain romantisme de la défonce tout comme l'ont perpétué Baudelaire, Burroughs ou encore Cocteau, le deal, la marginalisation, les rituels, l'attente, le partage, les problèmes judiciaires, tout ce qui constitue le mode de vie du toxicomane fabrique une identité. Une identité marginale étroitement liée au statut illégal de la drogue.
Si on regarde de plus près, les personnes qui s'engagent dans un processus de destruction avec la drogue sont des personnes qui cherchent à se détruire. Il y a un malaise existentiel qui préexiste: des gens se suicident, certains entrent dans des sectes, d'autres picolent... certains croisent la drogue, ils l'utilisent pour assouvir un désir autodestructeur préexistant. En soi, la drogue n'amène pas au suicide. Mais elle permet d'effacer le mal et de planer, ce qui forcément attire des gens qui ont mal et qui avaient mal avant de découvrir la drogue. Le problème vient donc du consommateur et pas de la drogue en elle-même. C'est le parti pris des thérapeutes en cure : faire prendre conscience qu'accuser la drogue est un acte de déresponsabilisation. Et comme on peut s'en rendre compte le veritable problème de Paul Ka (ici DJ Ickarus), n'est pas la drogue, elle est son vecteur d'autodestruction. Ickarus est pommé, il prépare son nouvel album et en même tps il anime des soirées, voit sa vie de couple stagner et s'éloigne de sa famille, il s'enfonce petit à petit dans ce qui est déjà avancé au début du film, la routine glauque, l'envers du décors, la vie rêvée du DJ/musicien en vogue qui passe finalement toute sa vie à nourrir une passion s'enfonçant dans une neurasthénie latente.

Loin d'être parfait le film jouit de grandes qualités : plans magnifiques (je pense notamment aux scènes où on entend l'ébauche et la version finale de "Aaron"), colorisation très froide, marque de fabrique (que j'affectionne tout particulièrement) du cinéma Allemand et ambiance plombante servant au mieux l'aspect sordide... bande son excellente (limite meilleure ds le film qu'à écouter seule), proposer une vision réaliste de la drogue, en complète opposition avec les romancés classiques du genre (Trainspotting, Requiem For A Dream, Spun...) et arriver à faire sourire dans des moments où on ne devrait pas, ce qui justifie mon 7 (surnoté !)

A voir pour se faire une idée
_mantuok
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le 15 oct. 2012

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_mantuok

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